
| titre original | "Beach Red" |
| année de production | 1967 |
| réalisation | Cornel Wilde |
| scénario | Clint Johnston, Don Peters et Cornel Wilde (sous le nom de Jefferson Pascal), d'après le roman "Beach Red" de Peter Bowman |
| photographie | Cecil Cooney |
| production | Cornel Wilde |
| interprétation | Cornel Wilde, Rip Torn, Burr DeBenning, Jean Wallace, Jaime Sánchez, Dale Ishimoto |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Les horreurs de la guerre n'avaient pas été montrées jusqu'alors avec un tel réalisme : soldats déchiquetés ou éventrés lors du débarquement sur la plage. Cornel Wilde confirme un réel talent de metteur en scène comme d'acteur.
Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon
"Le sable était rouge", beaucoup plus maladroit sur le plan technique [que "La Proie nue", NDLR], possède les mêmes qualités humaines. Il s'agit d'un film de guerre pacifiste, d'inspiration ouvertement "Colombe", à tel point que l'armée fit retirer le carton annonçant qu'elle avait fourni du matériel. Les Japonais y sont présentés de manière plus généreuse que les Américains, et les batailles comme des massacres horribles - un obus déchiquette littéralement un soldat - au cours desquels on s'entretue sans trop savoir pourquoi.
Extrait de la chronique du 13 juin 2005 de Bertrand Tavernier
Le DVD permet de revoir des films rares que l'on n'ose pas rééditer et qui ne sont plus visibles que dans les cinémathèques (et encore souvent dans de mauvaises copies) et sur le câble.
En zone 1, par exemple, est sortie toute une série d'œuvres que nous traquions dans les années 60, pour finalement les découvrir en Belgique ou en Angleterre.
Ainsi [...]
Ajoutons un quatrième film plus mineur, mais qui ne manque pas de qualité : "Beach Red" (1967 – "Le sable était rouge") au message très pacifiste, joué et réalisé par Cornel Wilde - on espère voir un jour "The Naked Prey" (1966 – "La Proie nue"), une vraie réussite et un remake inavoué des "Chasses du comte Zaroff" (1932 – "The Most Dangerous Game"). "Beach Red" est une œuvre extrêmement sincère jusqu'à l'ingénuité, qui nous montre, ce qui est rare, l'autre camp (les Japonais comme des êtres humains qui ont des enfants, qui souffrent, qui se souviennent de leur femme). Wilde utilise une multitude de petites voix off (« est-ce qu'il y aurait toujours des guerres si on n'avait pas inventé les montres ? »), des flash-backs, des flash forwards traités en photos fixes, des plans d'insectes et de fleurs. La chanson du générique est chantée par sa femme, l'actrice Jean Wallace (qui n’a joué que dans ses films) et que l'on voit dans un bref retour en arrière. Le premier affrontement entre deux personnes n'intervient qu'après quarante minutes de film consacrées uniquement à la progression des troupes américaines qui ont débarqué sur la plage sans qu'il n’y ait aucun autre conflit ou aucune autre intrigue parallèle.
Dans le livre "Feux croisés" (Institut Lumière / Actes Sud), Oliver Stone écrivait : « Tôt ou tard, on reconnaîtra Cornel Wilde comme le cinéaste original et personnel qu'il était. The Naked Prey est un regard sans complaisance sur la réalité de la nature, humaine et non humaine… Beach Red est un film de guerre sans concessions qui m'a secoué par sa sauvagerie et ses scènes de batailles brutales… »
