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"Un silencieux au bout du canon"

titre original "McQ"
année de production 1974
réalisation John Sturges
photographie Harry Stradling Jr.
musique Elmer Bernstein
production Batjac Productions
interprétation John Wayne, Al Lettieri

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Solide policier de facture classique, trop peut-être. Wayne paraît fatigué.

La critique de Didier Koch

John Wayne et John Sturges sont en fin de carrière et ils entendent montrer, avec ce film policier, qu’ils peuvent tenir la dragée haute aux nouveaux héros américains que sont les Steve McQueen, Paul Newman et Clint Eastwood. Les deux hommes sont des spécialistes du western, genre qui à l’époque se meurt à Hollywood et commence à déserter les sierras espagnoles. Ils se sont persuadés que le polar urbain pouvait être le nouveau royaume du cowboy chassé des plaines de l’Ouest. Wayne est donc descendu de son cheval qu’il a remplacé par un superbe coupé acheté à crédit avec lequel il arpente les rues de Seattle.

L’intrigue classique basée sur la corruption au sein de la police est solidement charpentée et permet à Wayne dit McQ de déambuler pour son enquête dans la faune hétéroclite de Seattle. Nous sommes dans une Amérique qui doute de ses valeurs, l’enlisement au Vietnam est à son comble et les mouvements hippie remettent en cause les fondements sur lesquels l’Amérique s’est bâtie. Le flic, gardien de l’ordre, est devenu l’emblème de cette contestation. Ce n’est donc pas pour rien que le capitaine de la police joué par Eddie Albert pense immédiatement aux hordes de hippies qui peuplent Seattle quand trois flics sont abattus en une seule nuit.

Wayne, ancien héros d’un Ouest désormais devenu ringard, se trouve d’emblée contesté dans son nouvel habit. Mais flegmatique et pragmatique, il sait doser ses efforts, n’hésitant pas à donner le coup de poing quand le besoin s’en fait sentir et à payer de sa personne quand une junkie entre deux âges requiert ses charmes en échange de révélations utiles à l’enquête. L’acteur de 67 ans, usé par le cancer qui le ronge, arrive encore à donner le change, et c’est avec plaisir qu’on le voit traîner sa grande carcasse dans les quartiers chauds de The Emerald City.

"Bullit" (Peter Yates, 1969) étant passé par là, tout bon film policier doit avoir une course poursuite automobile héroïque à un moment du métrage. Sturges la situe à la toute fin, sur une plage où il peut tout à la fois mettre en avant les prouesses des cascadeurs et magnifier un paysage superbe.

Le film est aujourd’hui oublié, mais il ne dépare en rien la carrière de ces deux géants parvenus au bout de leur parcours.

La course poursuite finale

Cette poursuite a été tournée sur la côte pacifique, dans le comté de Grays Harbor (Etat de Washington) et commence sur Analyde Gap Road entre Pacific Beach et Moclips pour se terminer à Point Grenville. Elle implique trois voitures : une Cadillac Sedan DeVille 1971, une Chevrolet Impala 1973 et une Plymouth Belvedere 1969.