Menu Fermer

"Sierra torride"

titre original "Two mules for Sister Sara"
année de production 1970
réalisation Don Siegel
scénario d'après une histoire de Budd Boetticher
musique Ennio Morricone
interprétation Clint Eastwood, Shirley MacLaine

La critique de Didier Koch

Clint Eastwood évoque souvent Don Siegel comme son maître dans le domaine de la mise en scène. "Sierra Torride" est le deuxième des cinq films qu'ils ont tournés ensemble.

Sur une idée très simple du réalisateur américain Bud Boetticher, s'opposent, dans une farce assez coquine, un mercenaire solitaire et une nonne perdue en plein désert. La rencontre s'effectue alors que la pauvre sœur est en proie à trois vauriens qui tentent de la violer ! Le ton est tout de suite donné, qui recycle l'humour des westerns spaghetti faisant fureur à l'époque.

L'opposition entre le cowboy bourru et la mutine religieuse (Shirley MacLaine remplace Elizabeth Taylor qui devait tenir initialement le rôle mais qui a fini par renoncer à la perspective des conditions de tournage difficiles), qui n'hésite pas à s'accommoder avec le Seigneur quand le besoin s'en fait sentir, fait bien sûr tout le sel du film, comme autrefois les oppositions plus dramatiques entre Humphrey Bogart et Katharine Hepburn dans "African Queen" (John Huston, 1951) ou encore Robert Mitchum et Deborah Kerr dans "Dieu seul le sait" (John Huston, 1957). La veine sera encore exploitée cinq ans plus tard par Stuart Millar pour une nouvelle opposition entre John Wayne et Katharine Hepburn dans "Une bible et un fusil".

On se délecte à voir l'amour progressivement gagner le célibataire endurci conquis par cette religieuse au charme imparable qui lui mène pourtant la vie dure. On comprend fort bien Eastwood, car MacLaine, éternelle femme-enfant, n'avait pas son pareil pour vous tournebouler les sens.

La dernière partie du film, un peu plus active avec la prise du fort français, se révèle du coup moins intéressante. Don Siegel nous avait trop confortablement habitués aux chamailleries de ce couple improbable.

On n'est certes pas devant un chef-d'œuvre, mais la couleur était annoncée dans le synopsis. Enfin, la musique enjouée de Morricone ajoute encore au côté farce du film.