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"Sang froid"

titre original "Cold pursuit"
année de production 2019
réalisation Hans Petter Moland
interprétation Liam Neeson, Laura Dern, Tom Bateman, William Forsythe

La critique de Didier Koch

Un Liam Neeson de plus, penseront ceux qui constatent avec regret que l'acteur irlandais autrefois ambitieux se cantonne presque exclusivement, depuis "Taken" en 2008, dans des rôles de justiciers monolithiques. Il faut admettre que, depuis dix ans, il enchaîne les productions millimétrées (36 au total, soit presque autant que sur le reste de sa carrière commencée en 1979) sans grand renouvellement scénaristique.

Ce remake plan par plan d'un film du norvégien Hans Petter Moland dirigé par lui-même ne déroge pas à la règle sur le fond, étant, comme souvent, dédié à la vengeance implacable d'un époux ou d'un père. C'est plutôt dans la forme que "Sang froid" se révèle être tout à fait distrayant. Hans Petter Moland a visiblement beaucoup appris en visionnant les thrillers américains, et notamment ceux de Quentin Tarantino, qui veille toujours à apporter un éclairage iconoclaste sur les bad guys, qu'ils soient chefs de gang ou simplement chargés des basses œuvres. Puisque la règle d'or du genre est le nombre pharaonique de morts engendrés par la soif de vengeance inextinguible de Liam Neeson, autant en dresser de manière comptable la liste en imprimant sur l'écran une petite croix après chaque exécution.

C'est cette fois-ci dans une petite station de ski huppée du Colorado que Liam Neeson, reconverti en conducteur de chasse-neige, va déclencher une guerre des gangs après que son fils ait été exécuté pour avoir subtilisé une livraison de cocaïne à un dangereux caïd local surnommé "The Viking" (Tom Bateman). Les paysages grandioses, ajoutés au soin apporté à la description pittoresque (!!!) des mœurs de ces caïds du grand froid et aux exécutions qui ne manquent pas de sel (à découvrir dans le film), apportent une bouffée d'air frais dans la filmographie devenue un peu mécanique de Liam Neeson qui, par ailleurs, ne déçoit jamais dans ces rôles taillés sur mesure.

On notera la présence de la trop rare Laura Dern, du toujours excellent William Forsythe et du superbement déjanté Tom Bateman.