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"Maléfique"

titre original "Maleficent"
année de production 2014
réalisation Robert Stromberg
interprétation Angelina Jolie

La critique de Didier Koch

Depuis que Charlize Theron ("Blanche Neige et le chasseur", 2012) et Julia Roberts ("Blanche Neige", 2012) ont interprété, avec un certain bonheur, la méchante reine du célèbre conte des frères Grimm popularisé par Walt Disney en 1937 pour son premier long métrage et succès mondial, il était fatal que les studios du même nom lancent la contre-attaque avec l'appui d'une star tout aussi emblématique.

Présenter une troisième version de "Blanche Neige" aurait été un pari risqué. C’est donc sur "La belle au bois dormant", autre succès des studios Disney réalisé en 1959 par Clyde Geronimi, que le choix s’est naturellement porté, offrant avec la  fée maléfique, dont il suffisait de réévaluer le rôle, l'écrin pour faire briller de tout son éclat la star planétaire qu'est Angelina Jolie.

La réalisation a été sans trop de risques confiée à Richard Stromberg, spécialiste des effets spéciaux reconnu pour ses travaux sur "Le labyrinthe de Pan" (Guillermo Del Toro, 2006) ou "A la croisée des mondes", déjà oscarisé deux fois pour les décors d’"Alice au pays des merveilles" (Tim Burton, 2010) et "Avatar".

L’adaptation du conte entre les mains de Linda Woolverton, une habituée de la maison ("Le roi lion", "Mulan", "La Belle et la Bête"), le film était lancé sur de bons rails. Le résultat est tout à fait à la hauteur des espérances, même si le départ, vraiment niais, laisse dans un premier temps craindre le pire.

Entourée d’acteurs un peu fades, sans doute une des seules faiblesses du film, Angelina Jolie fait montre ici de tout son talent, magnifiquement mis en valeur par les costumes somptueux d'Anna B. Sheppard et la caméra de Richard Stromberg. Réellement époustouflante et presque plus belle qu’au naturel, l’actrice apporte toute la nuance utile à cette fée ayant vu ses dons pervertis par un amour trahi, qui progressivement, dompte son esprit de vengeance pour finalement se tourner à nouveau vers un amour devenu cette fois maternel.

Un Oscar de la meilleure actrice, qui serait une première pour ce type de rôle, n'aurait pas été volé pour récompenser une comédienne, certes très médiatique, à l’image parfois un peu dispersée, mais aux choix artistiques souvent judicieux, voire courageux.