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"Le dernier samaritain"

titre original "The last boy scout"
année de production 1991
réalisation Tony Scott
scénario Shane Black
musique Michael Kamen
interprétation Bruce Willis, Damon Wayans, Halle Berry

La critique de Pierre

D'abord, il y a un scénariste : Shane Black. Adulé par Tarantino, Black est le mec qui a personnifié les films d'action à punchlines rigolottes des années 80/90 ("L'arme fatale" et "L'arme fatale 2", "Au revoir à jamais"), avant de réaliser son premier film en 2005 ("Kiss kiss, bang bang"). Mais il a toujours tenté de placer des éléments personnels dans ses scripts (notamment la personnalité suicidaire de Mel Gibson). D'après ce que j'avais cru comprendre, "Le dernier samaritain" était l'un de ses meilleurs scénarios, même s'il a été charcuté à mort par les studios.

Notons à ce sujet qu'il s'agit d'une production Joel Silver et d'une réalisation de Tony Scott (qui sortait à l'époque de "Jours de tonnerre"), ce qui nous promet un cocktail d'une colossale finesse. À tout cela s'ajoute un Bruce Willis en panne de succès après un piteux "Hudson Hawk".

La première partie du film est assez prenante : ça commence comme du néo-film noir (Willis est détective privé), avec un héros qui semble vraiment désespéré et raté (sa femme le trompe avec son meilleur ami, sa fille l'insulte, etc.). Le tout dans une ambiance filtrée tellement "Tony Scott" que c'en est presque caricatural (mais c'est aussi ça qui est sympa). On comprend effectivement l'influence du type sur Quentin Tarantino : il y a de nombreuses scènes où les personnages se vannent et s'envoient des blagues de merde (souvent drôles), avec parfois un côté un peu parodique et référentiel.

Dans la seconde partie, on oublie les personnages et l'intrigue, Scott reprend les rênes et ça part dans l'action pure, par ailleurs très efficacement (le film est l'un des premiers aux Etats-Unis à reprendre certaines des figures inventées par John Woo dans les années 80).

Bref, tout cela préparait manifestement Scott à réaliser "True romance" deux ans plus tard, c'est une progression logique.

Donc, c'est un bon spectacle, agressif, brutal, souvent violent, très ordurier mais avec de brillants dialogues, tenez par exemple :
Le méchant à Bruce Willis : Can we get a formal introduction?
Willis : Who gives a f... ? You're the bad guy, right?
Le méchant : I am the bad guy.
Willis : And I'm supposed to be trembling in fear or something like that?
Le méchant : Something like that.
Willis : I'll tremble later. For now, how about a drink?
Le méchant : You think you are so f...ing cool, don't you? You think you are so f...king cool. But just once, I would like to hear you scream in pain...
Willis : Play some rap music.

Ou cette autre scène marrante, dans laquelle Willis et Jimmy (son sidekick interprété par Damon Wayans) sont alpagués par deux méchants qui veulent récupérer une mystérieuse enveloppe :
Willis : You want the envelope, right?
Méchant 1 : The envelope, very smart. See Jake, here is a man who knows when a situation is untennable.
Willis : Good word.
Méchant 1 : You like that word? And you do have that envelope, don't you?
Willis : Better give up, Jimmy. We're dealin' with a couple of geniuses here.
(Willis se prend un pain)
Jimmy : Hey man, just leave him the f... alone.
Méchant 1 : Leave him alone? Yeah, sure Jimmy. Whatever you say. Jake here takes his job with a certain exuberance.
Jimmy : Shit, we're being beat up by the inventor of scrabble.