Menu Fermer

"La planète des singes : l'affrontement"

titre original "Dawn of the planet of the apes"
année de production 2014
réalisation Matt Reeves
interprétation Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman
 
épisode précédent "La planète des singes : les origines", Rupert Wyatt, 2011
 
épisode suivant "La planète des singes : suprématie", Matt Reeves, 2017

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

César le singe plus que savant du premier épisode de la saga réactivée par Robert Wyatt en 2010 ("La planète des singes : les origines") est, depuis dix ans, retiré avec ses congénères dans la forêt de Muir Woods aux abords de San Francisco. La vie semble avoir repris ses droits dans le calme et la paix, au sein d'une sorte d'Eden formidablement mis en image par Reeves et son équipe. La part d'humanité qu'ont acquis les singes dans le premier épisode par l'injection du rétrovirus ALZ-113, antidote maléfique contre la maladie d'Alzheimer, ne semble pas leur avoir transmis cette propension à l'autodestruction qui caractérise l'homme. Comme l'aurait dit le Candide de Voltaire : "Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes", avec une Dame Nature de nouveau à la fête.

C'était sans compter que dans San Francisco envahie par la végétation, une "colonie" de survivants rêve de reprendre le contrôle de la planète. Dès lors, César va devoir tout à la fois combattre l'homme qui ne conçoit sa position dans le monde que comme dominante, et la contestation interne qui monte face à ses hésitations stratégiques, le poussant instinctivement au compromis. Toute cette réflexion géopolitique assez juste, qui n'est que le simple reflet des relations entre pays, est malheureusement un peu gâchée par un simplisme et un larmoiement qui rendent le déroulement de l'intrigue plus que prévisible, chacun des personnages étant façonné à coups d'archétypes un peu plombant.

En résumé, l'homme est un loup pour l'homme, on le savait déjà, mais le singe le devient aussi pour lui-même dès qu'un soupçon de notre humanité l'a pénétré. Décidément, il n'y a rien à sauver de nous, pauvres hères condamnés au péché après avoir, il y a très longtemps, mordu la pomme. Le scénario pédalant un peu dans la semoule, l'attitude des singes devient presque grotesque à force d'imitation de nos stigmates, visibles derrières des effets spéciaux pas si convaincants qu'on pourrait l'espérer (les mouvements des singes un peu mécaniques). Seul Koba, désigné comme le traître parce qu'il refuse la compromission, nous sort un peu de la molle attitude des autres singes, nous gratifiant de deux scènes de mime drolatiques, meilleure surprise du film.

Reste les vues de San Francisco rendue à la nature, qui sont grandioses et envoûtantes, un peu à l'image des peintures de ruines d'Hubert Robert, peintre français du XVIIIe siècle aujourd'hui injustement oublié.

Une relative déception qui n'apporte pas la prolongation narrative qu'un premier épisode prometteur laissait poindre. Le fugace hommage à King Kong accroché à l'Empire State Building ne change rien à l'affaire. Espérons que le troisième épisode, clairement annoncé dans la scène finale, sera de meilleure tenue.