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"L'évadé d'Alcatraz"

Prison break

titre original "Escape from Alcatraz"
année de production 1979
réalisation Don Siegel
photographie Bruce Surtees
interprétation Clint Eastwood, Patrick McGoohan
rien à voir avec • "L'évadé d'Alcatraz", 1938, qui n'est en rien un film de prison
"Le prisonnier d'Alcatraz", John Frankenheimer, 1962

La critique de Pierre

Revu ce super film de Don Siegel avec Clint Eastwood, multi-diffusé sur toutes les chaines, qui narre l'évasion halllllllucinante du susnommé du Rock, ayant pour directeur l'affreux, méchant et immonde Patrick McGoohan, celui qui n'est pas un numéro mais un homme libre.

Et c'est vraiment super !!! Je sais bien que je deviens un nouveau réactionnaire, mais dans les années 70, ce film était à peu près le divertissement standard, l'équivalent pour nous du nouveau film de serial killer débile qui sort chaque semaine. Ça laisse rêveur sur la baisse de niveau depuis 30 ans.

La critique de Didier Koch

"L'évadé d'Alcatraz" est le dernier des cinq films que Don Siegel tourna avec Clint Eastwood. En 1979, cela fait huit ans que les deux hommes, un temps brouillés, n'ont plus travaillé ensemble.

C'est l'histoire de la seule et unique évasion supposée réussie de la prison d'Alcatraz par Frank Morris le 11 juin 1962 qu'ils ont choisi d'adapter pour ces retrouvailles. Richard Tuggle, qui mettra en scène plus tard "La corde raide" pour Clint Eastwood, écrit le scénario à partir d'un livre d'enquête sur le sujet de J. Campbell Bruce. Les conditions de tournage sont rendues difficiles par la nouvelle vocation touristique d'Alcatraz envahie le jour par les visiteurs, obligeant à de nombreuses prises nocturnes.

Si le film n'omet rien des canons du genre (directeur sadique, tentative de viol, hobbies bizarres de certains détenus, scènes de réfectoires...), il n'en fait pas son crédo, Siegel, toujours sobre, se concentrant davantage sur l'organisation minutieuse de la tentative d'évasion de la fameuse prison où séjourna Al Capone, qui avait bâti durant ses trente ans d'existence sa réputation sur son inviolabilité et qui d'ailleurs fermera un an après à cause de cet échec présumé mais aussi en raison de ses coûts de fonctionnement prohibitifs.

Cette rigueur narrative amène sans doute Siegel à ne pas trop s'appesantir sur des intrigues secondaires fort bien dessinées mais juste esquissées. Dans le même esprit, il élude le background des détenus, toile de fond habituelle de portraits psychologiques taillés à la serpe dans la tradition du genre. L'allure marmoréenne d'Eastwood renforce encore la rigueur recherchée par Siegel qui disait avoir voulu faire un film en noir et blanc en couleur.

Cette sobriété commune aux deux hommes permet au film de conserver toute sa force plus de trente ans après sa sortie et d'occuper une place de choix dans leurs filmographies respectives.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Modèle de classicisme, "L'évadé d'Alcatraz" est aussi un documentaire sur l'univers carcéral. Eastwood est admirable de simplicité et de force retenue. Un grand moment.