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"L’Évadé"

titre original "Breakout"
année de production 1975
réalisation Tom Gries
photographie Lucien Ballard
musique Jerry Goldsmith
interprétation Charles Bronson, Robert Duvall, Jill Ireland, John Huston

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Inspiré d'un fait divers authentique. Bon film d'action.

La critique de Didier Koch

Longtemps cantonné à des seconds rôles roboratifs où sa musculature saillante était mise en avant, Charles Bronson est sorti de ce relatif anonymat avec "Il était une fois dans l’Ouest" (Sergio Leone, 1968). Sous la houlette de réalisateurs au cinéma viril comme Terence Young, John Sturges, Walter Hill et surtout Michael Winner avec "Un justicier dans la ville", son image de baroudeur et de justicier marmoréen, dans la lignée de celle de Clint Eastwood, s'est façonnée durablement au cours de la décennie 70. Une image dont il ne cherchera plus à sortir jusqu’à la fin de sa carrière, finissant par devenir une caricature de lui-même dans des films policiers indignes recyclant ad nauseam son rôle, devenu presque robotique, de vengeur solitaire.

"L’Évadé" s’inscrit dans la phase montante de la popularité de Bronson, y insérant une touche de légèreté et un exotisme de bon aloi, qui font tout le charme de cette production sans prétention de la Columbia au scénario un peu famélique, prétexte à la mise en valeur des tentatives d’évasion rocambolesques d’un homme d’affaires joué par Robert Duvall qui croupit dans une prison mexicaine sous un prétexte que le scénario éclaire plutôt mal, malgré la présence jouissive du grand John Huston jouant le grand-père à l’origine de cette incarcération.

Grands espaces, jolies femmes (Jill Ireland, la compagne de Bronson, et Sheree North, l'ex-rivale de Marylin Monroe au sein de la Fox) et acrobaties aériennes constituent le menu sympathique, mais guère inoubliable, de ce film qui ne restera pas dans les annales. À noter, pour l’anecdote, que la prison mexicaine du film est en réalité le Fort de Bellegarde situé au Perthus dans les Pyrénées Orientales, les gitans de Perpignan ayant été réquisitionnés comme figurants mexicains. Ce particularisme ajoute une touche d'exotisme à ce film de Tom Gries, qui mourra deux ans plus tard d'une crise cardiaque en jouant au tennis.