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"Jurassic World: fallen kingdom"

titre original "Jurassic World: fallen kingdom"
année de production 2018
réalisation J.A. Bayona
scénario Colin Trevorrow, d'après les personnages de Michael Crichton
interprétation Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, James Cromwell, Jeff Goldblum, Geraldine Chaplin
épisodes précédents • "Jurassic Park", Steven Spielberg, 1993
• "Le monde perdu : Jurassic Park", Steven Spielberg, 1997
• "Jurassic Park III", Joe Johnston, 2001
• "Jurassic World", Colin Trevorrow, 2015

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

La relance en 2015 de la saga "Jurassic Park" inaugurée en 1993 par Steven Spielberg devenu aujourd'hui producteur associé fut une excellente idée. Du point de vue marketing s'entend, car pour ce qui est de l'intérêt des scénarios proposés et de leur mise en image, la chute qualitative est vertigineuse.

Si "Jurassic World" de Colin Trevorrow parvenait par instants à susciter l'intérêt, le dernier opus mis en scène par l'espagnol Juan Antonio Bayona ("L'Orphelinat" en 2007), endossant pour l'occasion les habits de "yes man", est traversé de plein fouet par la vague actuelle qui veut qu'un film ne vaut rien si l'image ne tressaute pas toutes les 30 secondes. Un régime que supportent mal les vénérables dinosaures, dont on sait que la vitesse n'était pas leur caractéristique première.

Déjà abandonnés à leur triste sort sur Isla Nublar suite à la destruction du parc à la fin du précédent épisode, ils doivent désormais faire face à une irruption volcanique qui menace d'ensevelir l'île. Plus personne ne veut investir dans cette attraction qui n'attire plus grand monde. Devenir des armes redoutables au service des États à grands coups de mutations génétiques sera donc leur seule issue, idée machiavélique née dans le cerveau malade d'un affairiste peu scrupuleux (Toby Jones).

À partir de ce canevas apocalyptique improbable, se met en place une suite ininterrompue de combats où les acteurs passent bien sûr au second plan. Heureusement pourrait-on dire, car hormis Toby Jones et James Cromwell, le reste du casting semble démuni de toute expression crédible. À la décharge d'un Chris Pratt, sa filmographie étant composée presque exclusivement de blockbusters exploitant l'univers Marvel, il lui est difficile d'explorer et de peaufiner le versant intimiste du jeu d'acteur.

Presque impossible donc pour qui ne passe pas trois heures par jour sur console vidéo de ne pas ressortir complètement essoré après un tel traitement visuel et sonore. Pour achever le tout, la mobilité et la crédibilité visuelle des dinosaures semblent avoir régressé. Les choses ne risquent malheureusement pas de s'améliorer, le film ayant d'ores et déjà pris la douzième place au palmarès des plus grosses recettes mondiales de tous les temps.