Menu Fermer

"Jeux de guerre"

Jack Ryan face à l'IRA

titre original "Patriot Games"
année de production 1992
réalisation Phillip Noyce
scénario Donald E. Stewart, d'après le roman éponyme de Tom Clancy
photographie Donald McAlpine
musique James Horner
interprétation Harrison Ford, Anne Archer, Patrick Bergin, Sean Bean, Samuel L. Jackson, Richard Harris, James Earl Jones, James Fox
épisode précédent "À la poursuite d'Octobre Rouge", John McTiernan, avec Alec Baldwin, 1990
 
épisode suivant "Danger immédiat", Phillip Noyce, avec Harrison Ford, 1994
reboots • "La somme de toutes les peurs", Phil Alden Robinson, avec Ben Affleck, 2002
• "The Ryan initiative", Kenneth Branagh, avec Chris Pine, 2014

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Jeux de guerre", inspiré du roman éponyme de Tom Clancy paru en 1987, a été un solide succès en 1992, qui a permis à Harrison Ford de prendre un second souffle alors qu'il venait de terminer, trois ans plus tôt, la troisième des aventures d'Indiana Jones sous la direction de Steven Spielberg. Le projet initié par la Paramount était à l'origine prévu pour Alec Baldwin qui, sous la direction de John McTiernan, venait juste d'incarner l'agent Jack Ryan dans la toute première adaptation d'un roman de Tom Clancy ("À la poursuite d'Octobre Rouge"). Un conflit de date entre l'acteur et le studio permit à Harrison Ford d'entrer dans le jeu. Phillip Noyce, réalisateur australien qui s'était fait remarqué avec le très angoissant "Calme blanc" (1989), prend la place de John McTiernan qui souhaitait adapter un autre roman de Tom Clancy.

Prenant pour toile de fond le terrorisme alors perpétré par l'IRA sur le sol britannique, le film mélange vengeance personnelle et enjeux politiques avec la famille de l'ex-agent Jack Ryan (Harrison Ford) comme cible privilégiée. Le scénario écrit par Donald E. Stewart, qui adaptera trois des aventures de Jack Ryan, est particulièrement efficace, jouant parfaitement sur l'ambivalence du personnage tout à la fois bon père de famille et agent redoutable.

Doté d'un budget confortable, le film se révèle parfaitement efficace, notamment avec deux méchants très détestables interprétés par Sean Bean et Patrick Bergin. Harrison Ford n'a pas eu à forcer son talent outre mesure, le rôle de Ryan étant taillé sur mesure pour son interprétation toujours performante dans les rôles d'action qui ont largement contribuer à sa réputation.

L'ensemble peut paraître un peu formaté, mais l'ambition de la Paramount, en adaptant Tom Clancy, écrivain de romans d'espionnage à succès, n'était pas de produire un film d'auteur dans ces années 1990 où, pour quelques années encore, Bruce Willis, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger régnaient en maître sur le box-office américain.

La critique de Pierre

Peut-on parler de "saga Jack Ryan" ? Le fait est que 4 films à ce jour ont été consacrés à ce personnage issu de l'œuvre de Tom Clancy, personnage qui est désormais un des espions les plus fameux du cinéma, avec Ethan Hunt ("Mission : impossible") et James Bond.

Après "À la poursuite d'Octobre Rouge" de McTiernan (le meilleur de la série - et de loin), c'est au tour d'Harrison Ford de remplacer Alec Baldwin pour jouer Ryan, dans ce "Jeux de guerre".

Réalisé par Phillip Noyce (metteur en scène de "Calme blanc", puis de ce film, puis de "Sliver" - ghhhhhh - puis du "Saint" et de "Bone Collector"), ce film se traine une bonne réputation de film facho. Pourquoi ? Tout est dans le pitch : Jack Ryan, en voyage en Angleterre pour une conférence, tombe par hasard au milieu d'un attentat contre un lord anglais, organisé par une sous-branche d'allumés de l'IRA. Ryan se jette dans l'action comme un cowboy, sauve le lord, et bute au passage un des jeunes cons, le jeune frère de Sean Miller (Sean Bean), un mec qui ne déconne pas. Miller va vouloir se venger en s'attaquant à la famille de Ford, qui va alors utiliser son ancien job à la C.I.A. pour répliquer... On le voit, le problème, c'est le personnage de Ford, persuadé d'agir pour le bien, qui va en fait assouvir une vengeance personnelle à la demande de sa femme, qui lui dit carrément "finis-en avec ce mec, peu importe les moyens". Et le film de nous montrer une scène assez hallucinante, où les héros assistent à la destruction d'un camp d'entrainement pour terroristes en Afrique du nord, le tout sur ordinateur (on sortait de la guerre du Golfe 1 et de ses frappes "chirurgicales"). Mais je ne suis pas du tout sûr que le film dusse être vu comme une glorification de la chose, et il me semble que le questionnement moral sur les actes de Ford n'est pas éludé. Donc, je ne crois pas que ce soit idéologiquement gênant.

Pour le reste, c'est un thriller d'espionnage bien fait, mais contrairement à mon souvenir, il y a très peu d'action là-dedans. Ça reste toutefois bien foutu, carré, sans surprise, et ça se suit parfaitement.

D'autant que du côté des seconds couteaux, "Jeux de guerre" est particulièrement généreux :
- un homme nommé Richard Harris ("Un homme nommé Cheval" - pourquoi pas, après tout, s'appeler comme ça, hein ?) dans le rôle du patron de l'IRA qui désavoue les méchants (comme ça, tout le monde est content) ;
- James Earl Jones (célèbre pour faire la voix de qui-vous-savez), cette fois l'ami de Yan Solo puisqu'il est le gentil patron de la C.I.A. ami de Ryan (il jouait déjà le rôle dans "Octobre Rouge") ;
- le jeune Sean Bean (qui jouera encore les méchants dans "GoldenEye" avant de passer à la postérité dans "Le seigneur des anneaux", puis de livrer une prestation mémorable dans le magnifique "Silent Hill"), ici très convainquant en méchant prêt à toutes les atrocités, et même à laisser tomber sa cause de départ, pour se venger de Ryan ;
- un mec inconnu à l'époque, qui finira aussi dans "Star wars" (Samuel L. Jackson)...

Allez, c'est pas mal.