Menu Fermer

"Doc Savage arrive"

titre original "Doc Savage: the man of bronze"
année de production 1975
réalisation Michael Anderson
interprétation Ron Ely, Michael Berryman

La chronique de Nanarland : cliquer ici.

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Sébastien Miguel

Ridicule série B (voir Z…)

Doc Savage arrive ! Grand, fier et valeureux. Aryen blond aux yeux bleus avec d'impeccables abdominaux et dont la droiture de corps n'a d'égale que la probité de l'esprit. Parfaite image de propagande pour dérives germaniques de sinistre mémoire. Super scientifique solitaire (il vit seul dans un igloo high tech et bronze torse nu sur la banquise…), notre bon vieux Doc (insipide Ron Ely) entend retrouver les traces de son père disparu et déjouer un vaste trafic d'or.

Après quelques séries B plus ou moins potables, George Pal signe sa dernière production. Son chant du cygne, son testament. L'échec cuisant de ce nanar ne lui permettra plus de travailler à Hollywood…

Intrigue anémique, médiocrité totale de l'interprétation, décors cheap et personnages ridicules (l'improbable secrétaire hispanique se remémorant d'anciennes légendes indiennes, les comparses du Doc, le méchant moustachu…).

Le film annonce (d'une certaine manière) les aventuriers des années 80 même si, dans le cas présent, on est plus proche d'"Allan Quatermain et la cité de l'or perdue" que d'"Indiana Jones et la dernière croisade".

Un produit désuet, kitsch et particulièrement médiocre.

*** Le film avait tout pour devenir culte (ringard, fauché et d'une solennité ahurissante), mais c'est la V.F qui lui confectionna une stature unique dans les productions des années 70. Georges Aminel (excellent acteur et doubleur légendaire de Al Lettieri dans "Monsieur Majestyk", de Dark Vador dans "Star Wars" et…de l'inoubliable Grominet !) s'est visiblement vu imposer une grotesque prononciation avec cheveu sur la langue. On remerciera l'insistance d'un directeur artistique sous influence de substances illicites. L'interprétation, déjà bien fade de Ron Ely, chute inexorablement vers le ridicule le plus achevé. Voir notre fier héros, avec une foi inébranlable, déclarer « Ze zure de défendre le zroit des zindividus… » reste est un grand moment comique. Version française indispensable, donc.