Menu Fermer

"Dans la ligne de mire"

À cause d'un assassinat

titre original "In the line of fire"
année de production 1993
réalisation Wolfgang Petersen
musique Ennio Morricone
interprétation Clint Eastwood, John Malkovich, Rene Russo, Dylan McDermott

Clint vs. Malkovich ! (la critique de Pierre)

Dois-je vraiment pitcher ce grrrand classique du film d'action du début des années 90 ? Dois-je rappeler que c'est le dernier film où Clint joue la comédie sans réaliser ? Dois-je vraiment faire tout ça ?

On notera que le réalisateur - Wolfgang Petersen - semble avoir abdiqué toute personnalité pour se fondre totalement dans le style Eastwood, dont le personnage cumule tous les stéréotypes de l'acteur/réalisateur (un vieux type bourru - too old for this shit - et largué par sa femme, qui aime le jazz).

Le pitch, c'est un mixage entre deux succès de l'époque, "JFK" et "Bodyguard" (à peu de choses près, c'est ça). Comprenez une histoire de garde du corps chargé de protéger le Président des États-Unis.

Pour le reste, c'est mené tambour battant, et les acteurs sont tous géniaux. Perso, j'adore Rene Russo, et ici, elle est franchement bien. Dylan McDermott, avant "The Practice", s'en sort bien en sidekick/rookie.

Allez, surtout, on peut l'admettre pour une fois, Malkovich s'en sort vraiment très bien dans sa prestation diabolique de méchant tueur, il est répugnant et absolument parfait pour le rôle. Ses joutes verbales avec Clint (comment imaginer deux mecs plus différents ?) ne sont pas le moindre des plaisirs de ce film.

Je me rappelle que "Le Fugitif" et "Dans la ligne de mire" étaient sortis avec quelques semaines d'écart sur les écrans français. À l'époque, "Le Fugitif" m'avait paru meilleur, moins conventionnel. Aujourd'hui, je prends plus de plaisir à revoir "Dans la ligne de mire" (que j'ai vu au moins une dizaine de fois, je crois). En tout cas, j'engage complètement ma responsabilité.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Le ressort dramatique du film est fondé sur un traumatisme spécifiquement américain, qui a engendré un genre cinématographique : l'assassinat du Président. Le film a d'abord un intérêt documentaire : il montre le travail quotidien des hommes et des femmes qui veillent sur le Président. Mais c'est surtout l'affrontement de deux hommes qui électrise les nerfs en mettant à nu leurs complexes respectifs. Les deux comédiens qui les incarnent sont magnifiques : John Malkovich, en tueur diaboliquement intelligent, et Clint Eastwood qui, avec ce rôle, est dans la peau du héros américain idéal : civisme, loyauté, courage, désir de rédemption et abnégation. Même s'il sue et souffre pour faire son devoir, il le fait avec panache.