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"Big Easy, le flic de mon cœur"

titre original "The Big Easy"
année de production 1986
réalisation Jim McBride
interprétation Dennis Quaid, Ellen Barkin, Ned Beatty, John Goodman, Grace Zabriskie
récompense Grand prix du jury au festival du film policier de Cognac 1987

Le titre du film

The Big Easy est le surnom populaire de La Nouvelle-Orléans, appelée également The Crescent City, The City That Care Forgot ou encore NOLA (acronyme de New Orleans Louisiana). C'est dans cette ville de l’État de Louisiane que se déroule l'action du film.

La critique de Didier Koch

La carrière de réalisateur de Jim McBride, qui ne décolla réellement qu'en 1984 avec "Breathless", le remake glamourisé d'"À bout de souffle" (Jean-Luc Godard, 1960), petit succès public à défaut d'en être un critique, se sera vite engluée dans les sables mouvants d'Hollywood pour ne durer que six ans et trois films. En 1987, Jim McBride se lance dans la réalisation de ce polar au fort parfum cajun écrit par Donald Petrie Jr. qui, par l'ambiance qu'il diffuse, va quelque peu dénoter par rapport à la production du moment dans le genre policier.

L'intrigue, tout d'abord située dans les rues de Chicago, va être déplacée à La Nouvelle-Orléans. Ce changement opportun va sans aucun doute contribuer pour une grande part à l'originalité de "The Big Easy". Par le mode de vie indolent de ses habitants, la Louisiane est un État à part, où les relations entre police et milieu sont empreintes d'une certaine connivence clairement établie en fonction des intérêts bien compris de chacun des acteurs. La police ferme les yeux sur certains délits jugés mineurs, en échange de l'abandon de petits trafics et rackets permettant d'arrondir les fins de mois. Situation certes classique, mais prenant une tonalité particulièrement bon enfant dans la description que fait McBride de La Nouvelle-Orléans, où l'on semble être policiers ou truands de père en fils. Ainsi, le lieutenant Remy McSwain, interprété par Dennis Quaid qui commence à se faire un nom, a toute sa famille dans la police.

En introduction, John Goodman, Dennis Quaid, Bob Kearney, jeunes flics en poste, et Ned Beatty, leur chef, s'en donnent à cœur joie pour donner corps à l'humour potache qui règne au sein du commissariat local. C'est dans ce contexte plutôt foutraque que débarque Ellen Barkin, jeune procureure en charge d'une enquête sur le meurtre d'un malfrat du coin. Le diable est dans la place, mais le séduisant lieutenant McSwain va œuvrer pour détourner l'attention de la procureure encore novice, quoique déterminée, afin qu'elle ne mette pas son nez dans les petits arrangements internes.

À partir de là, Jim McBride navigue gentiment entre romance sexy et résolution d'une enquête sans doute un peu relâchée, mais qui délivre une conclusion plutôt intéressante. Ce curieux mélange ajouté à la bande son de Brad Fiedel (à noter une apparition réjouissante du grand Solomon Burke en parrain mafieux) fait de "The Big Easy" un film attachant à défaut d'être complètement réussi qui, paradoxalement, garde aujourd'hui toute sa fraîcheur alors qu'il peu paraître un peu daté.

Deux ans plus tard, Jim McBride livrera une biographie de Jerry Lee Lewis avec une nouvelle fois Dennis Quaid en vedette. Plutôt réussie, mais arrivant à une époque où les biopics consacrés aux rock stars n'avaient pas encore le vent en poupe , "Great balls of fire!" sera un relatif échec financier, enterrant définitivement la carrière sur grand écran de Jim McBride.