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"American Beauty"

titre original "American Beauty"
année de production 1999
réalisation Sam Mendes
scénario Alan Ball
photographie Conrad L. Hall
musique Thomas Newman
interprétation Kevin Spacey, Annette Bening, Thora Birch, Wes Bentley, Mena Suvari, Peter Gallagher, Allison Janney, Chris Cooper, Scott Bakula
récompenses • Oscar du meilleur film
• Oscar du meilleur réalisateur
• Oscar du meilleur acteur pour Kevin Spacey
• Oscar du meilleur scénario original
• Oscar de la meilleure photographie

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Homme de théâtre britannique, Sam Mendes, nouveau wonder boy, a décroché l'Oscar 1999 du meilleur réalisateur alors qu'il débutait dans le cinéma. Dans cette dénonciation (un peu facile, il faut l'avouer) de l'American way of life, on aime surtout le procédé utilisant la voix off du héros et ce début : « Dans un an, je serai mort, mais peut-être suis-je déjà mort. » Par la suite, les portraits de l'épouse vendant des maisons invendables et de la fille filmée par le fils des nouveaux voisins sont trop caricaturaux, et l'engrenage de l'histoire est peu trop prévisible, mais on saluera la unhappy end. L'interprétation fait tout le prix du film et Kevin Spacey a gagné un Oscar mérité. De plus, "American Beauty" a reçu l'Oscar du meilleur film. Qu'ajouter ?

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"American Beauty" a été incontestablement l'invité surprise de la première cérémonie des Oscars du XXIe siècle, raflant pas moins de cinq statuettes, dont trois majeures (meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur). Le thème plutôt frondeur qui malmène durement l'American way of life via un Anglais venu du théâtre qui réalise son premier film ne semblait pourtant pas de nature à déclencher les faveurs des votants.

Le projet a été porté à la base par le scénariste Alan Ball qui, après un parcours du combattant, est parvenu, avec l'aide de deux producteurs, Bruce Cohen et Dan Jinks, à convaincre Dreamworks de financer cette histoire d'une famille suburbaine dont les repères vont complètement exploser face aux coups de boutoirs de l'habitude, de l'usure du temps, du manque de communication, des individualités qui s'affirment, des préjugés qui pèsent et de la frustration sexuelle.

Étonnant d'ailleurs que Dreamworks, dont le fond de commerce est plutôt orienté vers le pur divertissement, se soit lancée dans une telle aventure. La prise de risque a été payante au regard des bénéfices engrangés et des récompenses récoltées. La société encore relativement jeune (fondée en 1994) a bien tenté de faire pression pour confier la mise en scène à un réalisateur chevronné (Mike Nichols et Robert Zemeckis ont refusé le projet) et à des acteurs plus en vue (Bruce Willis, John Travolta ou Kevin Costner pour le rôle masculin, Holly Hunter ou Helen Hunt pour le rôle féminin), mais Alan Ball et Sam Mendes ont réussi à imposer leurs choix respectifs.

La décomposition de cette famille américaine moyenne est observée à travers la psyché embrumée de Lester Burnham (Kevin Spacey), qui s'exprime via une voix off jamais pesante. Face à son couple qui se délite et à sa fille pubère (Thora Birch) qui le rejette, Lester Burnham, qui ne trouve pas, au contraire de sa femme Carolyn (Annette Bening), un dérivatif dans le travail, laisse progressivement parler ses fantasmes (symbolisés par des pétales de roses en suspension) qui l'emmènent dans moult directions, dont l'attrait soudain pour Angela (Mena Suvari), la jeune copine de sa fille. Remarquablement filmée par Conrad L. Hall (Oscar de la meilleure photographie) et dirigée par Sam Mendes, l'intrigue suit son cours au gré des divagations d'un Kevin Spacey en apesanteur, qui affirma s'être inspiré du flegme débonnaire de Walter Matthau pour donner à son personnage cette teneur caoutchouteuse qui déconcerte son entourage.

Ambigu et sulfureux à travers nombre de ses personnages, comme les nouveaux voisins des Burnham interprétés par Wes Bentley, Chris Cooper et Allison Janney, ou encore l'amant de Carolyn (Peter Gallagher), "American Beauty", au-delà de quelques facilités, déconcerte en même temps qu'il fascine par son rythme si particulier fait de ruptures narratives annonciatrices d'une situation évoluant dans un sens très différent du happy end que certains pouvaient attendre. En Sam Mendes aura fait une entrée fracassante dans le monde de la réalisation.

On peut affirmer, vingt ans plus tard, avec sept autres films à son actif, qu'il a su, avec talent, concilier impératifs commerciaux et ambition artistique.

American beauty - Kevin Spacey

Sam Mendes, Annette Bening et Kevin Spacey sur le tournage du film
Affiche alternative © Matt Ryan Tobin
Affiche alternative © Gabz
Affiche alternative © Pete Majarich

American beauty - photo 1

American beauty - photo 2

American beauty - photo 3

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American beauty - photo 5