
| titre original | "Make Way for Tomorrow" |
| année de production | 1937 |
| réalisation | Leo McCarey |
| scénario | Viña Delmar, d'après le roman de Josephine Lawrence et la pièce de Helen Leary et Nolan Leary |
| photographie | William C. Mellor |
| musique | George Antheil et Victor Young |
| production | Leo McCarey |
| interprétation | Victor Moore, Beulah Bondi, Fay Bainter, Thomas Mitchell, Porter Hall, Barbara Read, Louise Beavers |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Leo McCarey réalise ici un chef-d'œuvre de réalisme et de sensibilité, traitant de l'évolution des mœurs et de la société. Il pose un regard surprenant d'amertume sur la place des vieillards au sein d'une société matérialiste et refermée sur elle-même, l'argent étant un obstacle à la reconnaissance et à l'existence même de l'être humain. McCarey fait preuve d'admiration, de bienveillance, de compassion, de douceur et de tristesse profonde [...]
Extrait de la chronique du 3 mars 2009 de Bertrand Tavernier
"Place aux jeunes" chez Bac Films, sans doute le chef-d'œuvre de Léo McCarey et l'un des 10 plus grands films hollywoodiens des années 30/40. C'était aussi l’avis de Lubitsch, de Jean Renoir et à la sortie du critique Frank Nugent, futur scénariste de John Ford : il louait la chaleur humaine, l'humanité, l'honnêteté de cette œuvre, mais aussi son humour. Un humour qui n’est jamais utilisé pour atténuer l’intensité dramatique des situations ni déguiser leur sérieux, mais au contraire pour les renforcer, pour les authentifier. L'expérience vécue ne se divise pas en moments dramatiques ou cocasses, mais mêle intimement les deux registres. Je pense à l'échange téléphonique entre la grand-mère et le grand-père, bouleversant et drôle, qui vient perturber la partie de bridge. McCarey aborde là un sujet grave, encore plus actuel (le rapport avec des personnes âgées) et réussit un bouleversant exercice de corde raide. Je défie quiconque de ne pas pleurer durant la dernière demi-heure. On consultera les bonus très intelligents de Bernard Eisenschitz, en regrettant qu'on ne soit pas allé interroger Pierre Rissient qui acheta et fit découvrir "Place aux jeunes", et rencontra McCarey. Je travaillai avec lui à cette époque. À acheter et à offrir.


