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"Palindromes"

Figures de style

Palindromes - affiche

titre original "Palindromes"
année de production 2004
réalisation Todd Solondz
scénario Todd Solondz
photographie Tom Richmond
musique Nathan Larson
interprétation Ellen Barkin, Richard Masur, Jennifer Jason Leigh

Le titre du film

Les palindromes sont des mots ou des ensembles de mots dont l'ordre des symboles (lettres, chiffres, etc.) reste le même, qu'on les lise de gauche à droite ou de droite à gauche, comme dans la fameuse expression « Ésope reste ici et se repose ».

Les personnages principaux du film, Aviva, Bob et Otto, sont tous les trois des palindromes...

Un vrai cinéaste indépendant et provocant : Todd Solondz ! (la critique de Pierre)

On peut rigoler en pensant à ce que le cinéma dit "indépendant" a donné ces dix dernières années. En fait d'indépendance, on a, au mieux, des films qui s'alignent avec talent sur le cinéma hollywoodien classique, avec une gentille impertinence ("Little Miss Sunshine"). Todd Solondz, lui, c'est autre chose. On parle souvent - moi le premier - de James Gray, Darren Aronofsky et autres, en oubliant scandaleusement de citer Solondz comme l'un des grands talents à avoir émergé dans les années 90. Il faut dire, le mec est en partie responsable : il tourne peu (on sent surtout qu'il doit avoir du mal à être financé).

Le pitch : Aviva, une jeune ado de treize ans, veut tomber enceinte. Elle se fait mettre enceinte par le premier venu, mais sa mère (Ellen Barkin) lui imposer d'avorter. Aviva fugue et prend la route pour arriver à ses fins...

L'originalité du film est que le personnage d'Aviva est joué successivement par huit interprètes différents (sept actrices et un acteur). C'est assez frappant et étrangement, ça ne nuit pas du tout au suivi de l'histoire. Au contraire, ça en souligne l'aspect universel. Dans le périple d'Aviva, on retrouve tous les thèmes et les situations chers à Solondz, souvent les plus scabreuses possibles : les handicapés, l'avortement, la pédophilie, l'adolescence, la vie de banlieue.

Solondz traite notamment, avec un grand talent, de la question des pro-life et des pro-choice. Comme souvent chez lui, tout le monde est ridiculisé, à commencer par les pro-choice. Mais ça n'est rien comparé à la peinture épouvantable qu'il fait des pro-life et des born again (le film date de 2004, année de la réélection de Bush - l'allusion aux born again n'a donc rien du hasard).

Au final, en 90 minutes, Solondz dresse en creux un portrait terrible de l'Amérique post-11/09, de la perte de tout repère moral, éducatif et social. En tout cas, c'est ce que j'ai compris. Bref, c'est un talent vraiment singulier. Le film a les mêmes défauts que "Storytelling" (une narration parfois hasardeuse - on comprend pas tout de suite où il veut en venir), mais c'est si frappant que ça emporte ma totale adhésion.

Auto-référence

Le personnage qui est enterré au début du film est Dawn Wiener, le personnage principal du premier film à succès de Todd Solondz, "Bienvenue dans l'âge ingrat" (1995).