
| titre original | "Strangers When We Meet" |
| année de production | 1960 |
| réalisation | Richard Quine |
| scénario | Evan Hunter, d'après son propre roman |
| photographie | Charles Lang |
| musique | George Duning |
| production | Samuel J. Briskin, Leo Jaffe, Richard Quine et Abe Schneider |
| interprétation | Kirk Douglas, Kim Novak, Ernie Kovacs, Barbara Rush, Walter Matthau, Virginia Bruce, Kent Smith |
Contre : Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Si l'on parvient à dépasser le stade de l'ennui pesant qui afflige "Liaisons secrètes", si l'on tient le choc devant son sentimentalisme éhonté, son ton larmoyant, ses longs conciliabules néophilosophiques, on appréciera la description minutieuse d'une petite ville américaine sans joie et l'intéressant rapprochement entre amour et architecture, passion et raison.
Pour : Extrait de la chronique du 9 mai 2005 de Bertrand Tavernier
Dans cette chronique, j’ai envie de mentionner des DVD de la zone 1 (zone américaine) pour les anglophones qui ont des lecteurs compatibles. Par exemple, lors de mon dernier voyage aux États-Unis, j’ai découvert quelques sorties récentes, notamment trois films d’un metteur en scène que j’aime beaucoup Richard Quine. J’ai enfin eu la possibilité de revoir une des œuvres favorites de l’équipe du Nickel Odéon, ce ciné-club que j’avais créé dans les années 60, "Strangers When We Meet" (1960 – "Liaisons secrètes") avec Kirk Douglas, Kim Novak, le magnifique Ernie Kovacs et Walter Matthau. C’est une œuvre sombre, lyrique, une histoire d’amour tourmentée qui se déroule dans une banlieue aisée et qui anticipe de manière étonnante sur toute cette série de films des années 70 consacrés aux fissures de l’American way of life, au malaise américain, à la névrose. En revoyant le film, on s’aperçoit que Quine et que le scénariste Evan Hunter ("Les Oiseaux"), le vrai nom de Ed McBain, consacre une place énorme à la névrose qui ronge les rapports entre individus. Le film était célèbre pour la phrase où Kim Novak demandait à Kirk Douglas comment il se rasait avec sa fossette. Toute cette histoire d’amour se déroulait pendant que Kirk Douglas, architecte ambitieux, faisait construire la maison de ses rêves et la passion était liée à la création artistique.
Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon
Une idylle de banlieue entre un architecte et une jolie voisine névrosée (tous deux mariés). Mélo sentimental dirigé avec sensibilité et élégance par Richard Quine.
"Liaisons secrètes" fut une remarquable étude de l'adultère, très tragique sous des dehors délicats. La société américaine, le mythe du bonheur en prenaient un rude coup, sans qu'aucun personnage soit méprisable, ce qui augmentait la portée morale de l'histoire, l'efficacité de la critique sociale.