
| titre original | "The Monster and the Girl" |
| année de production | 1941 |
| réalisation | Stuart Heisler |
| scénario | Stuart Anthony |
| photographie | Victor Milner |
| musique | Gerard Carbonara (non crédité) |
| production | Jack Moss (non crédité) |
| interprétation | Ellen Drew, Robert Paige, Paul Lukas, Joseph Calleia, Onslow Stevens, George Zucco, Rod Cameron, Phillip Terry |
Extrait de la chronique du 26 décembre 2005 de Bertrand Tavernier
À voir en VHS Universal (que l'on peut trouver sur amazon.com), "Le Singe justicier" de Stuart Heisler, film épatant, d'une grande originalité. La première partie est une intrigue à la William Irish traité avec une grande économie de moyens, une sécheresse narrative rigoureuse et elliptique. Les séquences de procès sont très réussies dans cette optique et très symptomatique du talent et du style de Heisler.
Il y a là une élégance formelle, une rapidité qui fait mouche à chaque instant et transfigure le matériau de base, distillant une inquiétude sourde. Tout le moment du mariage, pendant un orage, avec un Joseph Calleia est admirable d’onctuosité. Puis brusquement apparaissent dans le récit un savant, un singe à la fois protecteur et meurtrier, mais ce brusque changement de genre est traité avec la même sobriété elliptique que ce qui précède. Heisler refuse tout l'arsenal visuel, tous les effets inhérents aux films fantastiques Universal. Il ellipse tous les meurtres (qui sont souvent éclairés comme des scènes de films noirs), ne recherche jamais le pittoresque dans les décors. Ni dans le traitement des personnages. Les péripéties les plus extravagantes sont filmées comme si elles allaient de soi, comme si elles étaient normales, évidentes, ce qui donne au film un ton très particulier qui pourrait évoquer Tourneur et Val Lewton.
