
| titre original | "5 Against the House" |
| année de production | 1955 |
| réalisation | Phil Karlson |
| scénario | Stirling Silliphant, William Bowers et John Barnwell |
| photographie | Lester White |
| musique | George Duning |
| production | John Barnwell et Stirling Silliphant |
| interprétation | Guy Madison, Kim Novak, Brian Keith, Alvy Moore, Kerwin Mathews, William Conrad, Jack Diamond, Jean Willes |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Le film qui révéla Kim Novak. Plus proche du mélo avec pointe d'humour que du thriller et assez décevant.
Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon
[...] nous avait paru anodin malgré une bonne composition de Brian Keith et, dans ce hold-up d'un casino de Reno mené par quatre étudiants et Kim Novak, seules nous avaient semblé brillantes les vingt dernières minutes, en particulier la scène de l'ascenseur qui contient une très intelligente utilisation dramatique du décor naturel.
Extrait de la chronique du 17 mai 2010 de Bertrand Tavernier
[...] ce que nous disions de "On ne joue pas avec le crime" est assez juste.. La trame scénaristique que l’on peut créditer à Stirling Silliphant est statique, mélange maladroitement plusieurs genres (film de collège, film noir, histoire d’amitié marquée par la guerre). Elle accumule les invraisemblances, ne réussit jamais à donner la moindre colonne vertébrale au hold-up (un hold-up que trois personnes sur cinq ne veulent pas commettre, ce qui mine tout suspense).
Le personnage de Guy Madison est totalement invertébré et terne. Et que dire de ces étudiants d’université qui situent Troie en Grèce. Sans doute à la demande de Karlson, William Bowers est venu épicer, pimenter le dialogue qui est souvent amusant dans le premier tiers, vif, bourré de vannes. Je me demande même si on ne doit pas lui attribuer le « hey » que lance Brian Keith, lors de son arrestation, à l’étudiant vanneur. Lequel Brian Keith est excellent et Kim Novak pas si mal en brave fille.
Et dans les vingt dernières minutes, Karlson utilise bien le décor naturel (le garage avec ses immenses ascenseurs), se permet un long plan en mouvement qui traverse tout le casino pour aboutir à la pièce où William Conrad range son chariot, accessoire capital du hold-up.
Extrait de la chronique du 27 juillet 2011 de Bertrand Tavernier
"On ne joue pas avec le crime" est assez bavard et statique après de bonnes scènes d’introduction où je retrouve la patte du scénariste dialoguiste William Bowers. Dans ces échanges de vannes rapides, souvent drôles mais qui deviennent ici trop systématiques (chez De Toth, Dick Powell, Parrish, Bowers changeait de ton et de style). De plus, cette nervosité n’est pas très bien servie par des acteurs trop âgés pour ces étudiants qu’ils sont censés jouer, trop placides comme Madison ou Matthews. Brian Keith, lui, s’en sort nettement mieux. Je me demande si Phil Karlson n’a pas été paralysé par l’autre scénariste Stirling Silliphant qui produisit le film et donc protégea son scénario. Il serait intéressant de voir quelle est la part respective de ces deux écrivains. On peut penser que Silliphant vint en premier et que Bowers qui avait travaillé avec Karlson (ils se retrouvèrent sur "Tight Spot") vint dynamiser le dialogue et l’épicer. Quelques plans réussis dans le hold-up final, un décor – ce garage avec ces ascenseurs - bien utilisé, un long plan en mouvement qui traverse tout le casino pour aboutir à la pièce où William Conrad range son chariot rompent la monotonie terne du film. Comme toujours, dans tous les films, une chanteuse de bar (Kim Novak doublée, bien sûr) ne chante qu’une seule chanson…

