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"USS Alabama"

titre original "Crimson tide"
année de production 1995
réalisation Tony Scott
musique Hans Zimmer
interprétation Denzel Washington, Gene Hackman, Viggo Mortensen, James Gandolfini

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Tempête dans cet admirable lieu clos qu'est un sous-marin. Scott connaît son métier, mais les ficelles du scénario sont un peu grosses.

La critique de Didier Koch

"USS Alabama" s’inscrit dans d’un sous-genre très codifié du film de guerre, le film de sous-marin. "L’odyssée du sous-marin Nerka" de Robert Wise (1959) est clairement cité en référence principale par le héros du film, Denzel Washington, lors d’une scène où, avant de prendre son commandement sur l'USS Alabama, il joue à un quizz sur le cinéma avec ses futurs compagnons d’équipage.

Le confinement des hommes dans un espace réduit comme dans les films de prison est propice aux affrontements et, dans le cas particulier du film de sous-marin, situés au sein même du commandement. "USS Alabama" ne déroge pas à la règle, et Tony Scott, très à l’aise dans le film d’action, s’y entend à merveille pour orchestrer le suspense avec un sens parfait du rythme dans la gestion des rebondissements.

Gene Hackman et Denzel Washington, qui remplacent Clark Gable et Burt Lancaster autrefois opposés dans le film de Wise, s’en donnent à cœur joie dans ce duel de générations tout à la fois musclé, violent, mais aussi respectueux. Scott, dont le scénario (écrit par Michael Schiffer) a été retouché par Robert Towne et Quentin Tarentino, n’a pas reçu le soutien de l’armée américaine, qui lui reprochait de mettre en cause la solidité de la ligne hiérarchique du haut commandement américain en laissant supposer qu’une mutinerie était possible à bord d’un sous-marin nucléaire.

Il faut, bien sûr, être un adepte du genre pour apprécier ce film, qui se place dans le quintet des meilleurs productions de sa catégorie. A noter la présence de Viggo Mortensen encore en rodage et celle du regretté James Gandolfini, impayable en comploteur bas du front et à l’œil torve. On pourra toujours critiquer le manque d'ambition artistique du petit frère de Ridley Scott, trop tôt disparu, mais difficile de nier qu'il était bougrement efficace.