Menu Fermer

"Une lueur dans la nuit"

titre original "Shining through"
année de production 1992
réalisation David Seltzer
scénario David Seltzer
photographie Jan de Bont
musique Michael Kamen
interprétation Michael Douglas, Melanie Griffith, Liam Neeson, John Gielgud

La critique de Sébastien Miguel

Violemment attaqué et traité avec le plus grand mépris par la presse américaine, "Une lueur dans la nuit" est un film à redécouvrir. Vainqueur des Oscar de la honte, le film rafla les prix pour "Pire film", "Pire réalisateur" et "Pire actrice" pour Melanie Griffith. Ebert déclarera même : « Ce film est une insulte à l’intelligence… ».

En robe de soirée, l’espionne juive s’enfuit dans un Berlin menaçant après avoir été reconnue lors d’une soirée à l’Opéra. Le rouge écarlate de la tenue et le corps gracieux de Melanie Griffith participent grandement au charme romanesque de cette péripétie invraisemblable. Peu de temps avant, on aura vu la belle tomber amoureuse du responsable des services secrets américains (Michael Douglas), partir pour l’Allemagne afin d’espionner un haut fonctionnaire nazi (Liam Neeson) et apprendre les rudiments du métier avec un vieil espion venu d’un autre temps (John Gielgud, splendide).

David Seltzer a voulu rendre hommage aux grands films de studio des années 40 ("Correspondant 17", "Les Enchaînés"…). Leurs belles héroïnes jamais décoiffées, leurs péripéties n’ayant plus aucun rapport avec la réalité et le happy end de rigueur. Faisant preuve d’un remarquable sens du récit, Seltzer laisse poindre un vrai talent de metteur en scène (le bombardement, la découverte des ‘restes’ de la famille juive massacrée, l’apparition d’un zèbre au milieu des ruines…) et rend un hommage vibrant à Hitchcock dans une éblouissante séquence de poursuite.

La partition de Michael Kamen, romanesque et envoûtante, est remarquable. Melanie Griffith, 35 ans lors du tournage et donc… trop âgée pour le rôle, est juste magnifique.