Menu Fermer

"Tueurs de flics"

titre original "The onion field"
année de production 1979
réalisation Harold Becker
scénario Joseph Wambaugh, d'après son propre roman
interprétation James Woods, John Savage, Ronny Cox, Christopher Lloyd

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Des faits authentiques ont inspiré Becker qui s'est astreint à une incontestable rigueur dans la reconstitution du procès et dans la peinture psychologique de Powell et Smith. L'ensemble, du coup, paraît un peu froid.

La critique de Didier Koch

La filmographie d'Harold Becker est certes peu prolifique, avec douze réalisations au cours d'une  carrière de 40 ans, mais elle est parsemée de films qui souvent méritent le détour, même si aucun n'est un chef-d'œuvre. Ainsi, "Tueurs de flics", qui dénonce à travers un fait divers réel les travers de la procédure judiciaire américaine, qui permet à des coupables et à leurs avocats suffisamment astucieux de jouer sur les vices de forme pour déjouer les sentences prononcées à leur encontre.

Le cas de ces deux malfrats qui, en 1963, ont abattu un policier devant un de ses collègues et qui ont réussi à échapper à la peine capitale, illustre parfaitement ce travers. Becker a sans doute  choisi James Woods par l'intermédiaire de Joseph Wambaugh, le scénariste du film qui avait déjà travaillé avec le jeune acteur sur "Bande de flics" de Robert Aldrich deux ans auparavant, film tiré, lui aussi, d'un de ses romans.

Le choix s'est avéré judicieux tellement Woods apporte ce mélange de sauvagerie et de civilité qui charpente le message délivré par Becker. Un grand acteur était né assurément, la suite allait le démontrer même si on aurait pu encore rêver plus grand pour James Woods, qui aurait peut-être pu tutoyer les De Niro ou Pacino sans ce physique si inquiétant qui, fatalement, lui a barré l'accès à certains rôles.

De son côté, John Savage, acteur énigmatique, incarne parfaitement le désarroi de ce flic témoin du meurtre de son collègue dont la vie sera gâchée par la longueur d'une procédure qui le ramène en permanence vers une culpabilité qui lui colle à la peau, minant son environnement professionnel et  familial.

Becker s'y entend à merveille pour articuler le tout avec une première partie magistrale qui nous tient en haleine, dans l'attente d'une rencontre que l'on sent inéluctable et tragique, suivie d'une seconde plus conventionnelle consacrée au procès.

A signaler la musique parfois envoûtante d'Eumir Deodato, qui accompagne magistralement la montée vers l'acmé de la première partie du film.