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"The Mask"

titre original "The Mask"
année de production 1994
réalisation Chuck Russell
interprétation Jim Carrey, Cameron Diaz
rien à voir avec "Mask" de Peter Bogdanovich, 1985

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Le film vaut surtout pour ses effets spéciaux dus à Industrial Light and Magic, la compagnie fondée par George Lucas en 1975 et à laquelle on doit notamment "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?".

La critique de Didier Koch

Avec "Ace Ventura" et "Dumb and Dumber", "The Mask", produit la même année, révèle Jim Carrey qui, par son comique très visuel basé en partie sur la très grande mobilité de ses expressions faciales, se montre le digne successeur de Jerry Lewis, dont l’étoile avait commencé à pâlir à la fin des sixties et qui depuis n’avait jamais réellement été remplacé même si le vibrionnant Steve Martin avait un temps occupé certains emplois similaires.

Incontestable réussite, on pourrait même parler de chef-d’œuvre dans le genre abordé, "The Mask", de prime abord très original, puise malgré tout ses sources dans ce que le cinéma comique et de genre hollywoodien compte de meilleur. Dans la forme tout d’abord, Chuck Russell, qui avait opéré sur le troisième "Freddy", sait parfaitement teinter sa farce, notamment dans la première partie, d’une part de mystère très bienvenue. Sur le plan narratif ensuite, avec la transformation du héros, qui est bien sûr un emprunt assumé au fameux "Docteur Jerry and Mister Love" (Jerry Lewis, 1963).

Enfin, l’hommage aux dessins animés de Tex Avery, certaines scènes étant des copies parfaites des meilleurs cartoons du génial réalisateur, notamment celle au "Congo Bongo", qui reprend in extenso la crise de démence du loup perdant ses sens devant la danse lascive d’une chanteuse du cabaret. Idem pour la scène de la limousine interminable qui amène The Mask au "Congo Bongo" précité.

Formidablement servi par des effets spéciaux géniaux (un Oscar décroché), le film montre les progrès gigantesques réalisés dans le domaine, si l’on songe qu'à l'époque, "Qui veut la peau Roger Rabbit ?" date de seulement six ans. Chuck Russell, aidé d’un Jim Carrey proprement hallucinant et halluciné, réussit à faire monter la mayonnaise sans que jamais l’intérêt ne retombe. Le public et la critique à l’époque ne s’y sont pas trompés, "The Mask" se révélant, avec plus de 350 millions de dollars de recettes, le 4ème succès du box-office mondial de 1994.

Vingt ans après sa sortie, rien n’est venu démoder le film, dont on peut s’étonner qu’il ne soit pas plus souvent cité dans les anthologies du cinéma. Une suite a bien été proposée pour les dix ans de la sortie de "The Mask" ("Le fils du Mask", Lawrence Guterman, 2005), mais Jim Carrey absent, difficile d’obtenir la même folie. Il reste donc ce joyau unique, dont la vision régulière peut permettre d’adoucir un coup de blues passager.

Cameron Diaz, ancien mannequin qui faisait ici ses débuts à l’écran, ne pouvait rêver mieux que ce rôle de bombe sexuelle pour être immédiatement identifiée à Hollywood. Restait alors pour elle à se défaire de cette image en prouvant ses qualités d’actrices. Défi à moitié réussi.