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"Texasville"

titre original "Texasville"
année de production 1990
réalisation Peter Bogdanovich
scénario Peter Bogdanovich, d'après Larry McMurtry
interprétation Jeff Bridges, Timothy Bottoms, Cybill Shepherd, Cloris Leachman, Randy Quaid, Eileen Brennan

La critique de Didier Koch

Vingt après "La dernière séance", les personnages de Larry McMurtry sont de retour pour un nouveau roman qu'encore une fois Peter Bogdanovich, alors au creux de la vague, met en scène. Tous les acteurs du film de 1971 sont là, notamment les trois héros, Sonny Crawford (Timothy Buttons), Duane Jackson (Jeff Bridges) et Jacy Farrow (Cybill Shepherd). Nous sommes en 1987, 35 ans ont passé et le petit bourg perdu du nord du Texas fête son centenaire.

Duane Jackson n'est pas resté dans les rizières de  Corée et il est devenu un très aisé exploitant pétrolifère qui doit faire face à l'effondrement des cours. C'est lui qui a en charge l'organisation des festivités. Il est resté au fond de lui le jeune homme insouciant d'autrefois et sert d'étalon pour toutes les femmes du pays qui s'ennuient malgré les charges de famille qui se sont accumulées avec les quatre enfants qui garnissent sa résidence cossue avec piscine. L'essor économique que l'on sentait poindre au début des années 50 s'est bien concrétisé et l'architecture s'en est trouvée bouleversée, éliminant du paysage  les quasis masures de l'époque.

En contraste avec la nonchalance apparente de Duane, Sonny n'a pas surmonté ses tourments d'adolescent et s'enferme progressivement dans une prostration sans retour. Jacy, quant à elle, est revenue au pays après une brève carrière de starlette à Rome et la perte d'un enfant. Plus que jamais l'égérie de son village, elle continue de faire chavirer les cœurs.

Bogdanovich met à nouveau en relief le passage des ans et la grande roue des générations qui se succèdent, mais le ton est cette fois-ci davantage tourné vers l'amertume, les jeunes pousses d'autrefois ne semblant pas plus que leurs aînés avoir trouvé un sens à leur vie malgré une prospérité leur offrant plus de perspectives. C'est un peu comme si Bogdanovich faisait à travers ce film le triste constat des espoirs envolés de sa propre carrière qui s'est enlisée après avoir suscité peut-être trop d'espoirs.

Moins abouti et plus convenu que le premier opus, "Texasville" se déguste malgré tout avec plaisir si l'on a pris la peine de voir ou revoir avant "La dernière séance". Sinon, l'exercice pourra vite s'avérer fastidieux. L'incapacité du film à ne pas pouvoir se tenir debout tout seul marque sa faiblesse et son faible succès, malgré la présence d'un casting qui a acquis de la renommée depuis 1971, notamment Jeff Bridges, bien plus présent sur l'écran.