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"Limitless"

Everything is possible when you open your mind

titre original "Limitless"
année de production 2011
réalisation Neil Burger
scénario Leslie Dixon, d'après le roman de Alan Glynn
photographie Jo Willems
interprétation Bradley Cooper, Robert De Niro, Abbie Cornish

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Limitless" de Neil Burger est né du projet de la scénariste Leslie Dixon, qui avait promptement acheté les droits de "The Dark Fields", le livre d'Alan Glynn paru en 2001. Avec le producteur Scott Kroopf, ils ont contacté Neil Burger pour en réaliser l'adaptation avec Shia LaBeouf dans le rôle principal. Ce dernier se retirant du projet, c'est Bradley Cooper, alors en pleine ascension après les succès comiques de "Very Bad Trip" 1 et 2, qui prend la suite.

Le film traite de la dépendance aux drogues à travers le parcours d'un écrivain raté, largué par sa copine, qui tombant inopinément sur son ex-beau frère, dealer notoire, se voit proposer une substance nouvelle, capable d'activer toutes les ressources jusqu'alors inexplorées du cerveau humain. Se noue alors une sorte de pacte de Faust revisité à la sauce psychédélique des yuppies new-yorkais.

Le schéma narratif décrivant le trajet menant à l'extase totale des débuts, suivi de la descente aux enfers quand la douleur du manque l'emporte progressivement sur l'état d'euphorie, est plutôt classique, mais Neil Burger parvient à le transcender par le traitement visuel survitaminé qu'il en propose. La progression de l'intrigue ainsi que ses rebondissements sont parfaitement orchestrés pour illustrer l'équation impossible qui se présente à Edward Morra (Bradley Cooper) qui, bien sûr, ne veut plus redevenir celui qu'il était.

Bradley Cooper, dont le jeu peut par instant être jugé impersonnel, voire inexpressif, s'avère ici tout à fait convaincant, et démontre par la même occasion sa capacité à tenir un film entier sur ses épaules. À ses côtés, Abbie Cornish et Robert De Niro mettent parfaitement en valeur la partition du beau gosse parfois un peu terne qui, à l'image de son personnage, découvre que le feu bout à l'intérieur de lui-même.

Sur le même sujet de l'addiction dans un traitement tout aussi marqué esthétiquement, mais résolument plus sombre et ancré dans le quotidien, on pourra préférer l'hypnotique et sublime "Requiem for a Dream" de Darren Aronofsky.