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"Les Associés"

titre original "Matchstick men"
année de production 2003
réalisation Ridley Scott
photographie John Mathieson
interprétation Nicolas Cage, Sam Rockwell, Alison Lohman

Le logo Warner Bros. détourné : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

"Les Associés" fait figure de court intermède comique dans la carrière de Ridley Scott, bien plus réputé pour son sens du fantastique et de l’épique. Le film est coincé entre deux projets d’envergure du réalisateur, "La chute du faucon noir" et "Kingdom of heaven". C’est justement parce qu’il avait un trou de sept mois entre ces deux fresques guerrières que Scott a pu mener au pas de charge l’adaptation d’un livre d’Eric Garcia.

On pouvait craindre le pire vu la genèse du film, notamment un certain relâchement au niveau de la direction d’acteurs, dont on sait qu’elle est primordiale dans l’accomplissement des bonnes comédies. Il n’en n’est rien, Scott réussissant son examen de passage haut la main.

Cette histoire d’arnaque dans l’arnaque fort bien charpentée, même si fort improbable, est l’occasion une fois de plus de saluer le talent trop méconnu de Nicolas Cage qui, malgré sa grande carcasse empruntée d’échassier trop lourd pour s’envoler, démontre ici la formidable ductilité de son jeu. La caméra de Scott est littéralement happée par Cage qui se lance dans un numéro de haute voltige en campant cet escroc rongé par l’agoraphobie et la mysophobie.

À côté de l’acteur en apesanteur, la jeune Alison Lohman ("Big fish", "Jusqu'en enfer") est proprement époustouflante en fille naturelle de quatorze ans (elle en a en réalité vingt-quatre !), redonnant de l’assurance à son père putatif qui découvre, ébahi, que l’altruisme peut être un solide rempart contre les phobies.

Le pourtant excellent Sam Rockwell ("Confessions d'un homme dangereux") a un peu de mal à exister devant la prédominance de ce couple père-fille improbable mais diablement charismatique, et c’est bien là le seul regret généré par le film.

Le scénario ne fait jamais de surplace, nous offrant son lot de rebondissements et une fin déjà vue, mais inattendue. Ceux qui ne feraient pas confiance à Scott pour mener à bien une comédie et qui, de ce fait, renâcleraient à se laisser emporter par ces "Associés" de très bonne compagnie, doivent vite faire l’essai pour découvrir une facette inconnue du talent de Ridley Scott. Et comme l'on dit souvent : « l’essayer, c’est l’adopter ».