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"Le masque de Zorro"

titre original "The mask of Zorro"
année de production 1998
réalisation Martin Campbell
photographie Phil Meheux
musique James Horner
interprétation Antonio Banderas, Anthony Hopkins, Catherine Zeta-Jones
suite "La légende de Zorro", Martin Campbell, 2005

La critique de Didier Koch

À l’aube du XXIe siècle, les amoureux de Zorro se désespéraient de voir à nouveau le cavalier noir revenir à l’écran autrement que dans un film italien de série B ("Zorro", Duccio Tessari, 1975) ou dans un film parodique ("La grande Zorro", Peter Medak, 1981). Il faut dire que Tyrone Power, dernier grand Zorro du grand écran ("Le signe de Zorro", Rouben Mamoulian, 1940), avait rabattu sa cape depuis bientôt soixante ans. Pour tous les baby-boomers, c’est Guy Williams, le très distingué moustachu de la fameuse série de Walt Disney, affublé du Sergent Garcia (Henry Calvin) et de son valet muet Bernardo (Gene Sheldon), sans oublier Tornado, le pur-sang noir, qui est devenu l’image du justicier vengeur luttant contre l’oppression exercée par l’occupant espagnol sur les populations locales.

Sans successeur désignée à Zorro, la firme Disney profita de l’aubaine pour coloriser en 1992 ses épisodes datant de la fin des années 50. Il était donc temps que l’affaire soit reprise en main. C’est Martin Campbell, réalisateur néo-zélandais tout auréolé de son rôle majeur dans la réactivation, aux côtés de Pierce Brosnan, de la saga James Bond ("GoldenEye"), qui se charge de l’affaire. À l’époque, Antonio Banderas, installé à Hollywood depuis 1993, est sans aucun doute le candidat idéal pour reprendre le rôle, Espagnol de surcroît comme le héros né en 1919 de l’imagination de Johnston McCulley.

Le scénario écrit par John Eskow, particulièrement bien agencé, a l’idée ingénieuse de combler le vide laissé par le film de Mamoulian en faisant désigner par un Don Diego de la Vega vieillissant mais encore vaillant (Anthony Hopkins) celui qui prendra sa succession. Arabesque narrative fort instructive et généreuse, montrant que la panoplie de justicier est toujours à la disposition de celui qui est assez courageux pour risquer sa vie à défendre les sans-grade et les oubliés. À partir de ce canevas initial plutôt bienvenu, l’intrigue emprunte ensuite le chemin attendu pour le plus grand plaisir des admirateurs du vengeur masqué, qui signe comme toujours son nom à la pointe de l’épée.

Les cascades sont parfaitement exécutées et l’apport de la couleur, parfaitement adapté aux tenues chamarrées et aux décors flamboyants de l’époque. Le tout est parfaitement orchestré par Phil Meheux, l’opérateur attitré de Martin Campbell. Catherine Zeta-Jones, au summum de sa beauté, apporte tout son charme et sa grâce à ce film du renouveau tant attendu dont on ne pouvait souhaiter qu’une chose, c’est qu’il ait une suite. Martin Campbell s’en chargera lui-même sept ans plus tard avec "La légende de Zorro". Que demander de plus ?