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"La guerre selon Charlie Wilson"

La guerre selon Charlie Wilson

titre original "Charlie Wilson's war"
année de production 2007
réalisation Mike Nichols
photographie Stephen Goldblatt
musique James Newton Howard
interprétation Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams, Ned Beatty

La critique de Didier Koch

Mike Nichols, en plus d’être le réalisateur culte du "Lauréat", a la particularité d’un hétéroclisme relativement maîtrisé qui ne l’a jamais amené à commettre de faute de goût en 40 ans de carrière et 22 longs métrages. Son dernier film, "La guerre selon Charlie Wilson", une satire politique de haute volée, nous rappelle combien Mike Nichols était un metteur en scène raffiné demeurant avant tout un formidable directeur d’acteurs.

Tom Hanks, que l’on avait pas vu depuis longtemps aussi convaincant, s’avère absolument impayable en Charlie Wilson, député démocrate sous l’administration Reagan convaincu par une amie milliardaire, Joanne Herring (Julia Roberts), de débloquer davantage de crédits pour l’aide aux réfugiés afghans massacrés depuis l’invasion russe et surtout pour la reconquête de ce territoire envahi par l'ennemi juré.

Va alors se mettre en place une véritable diplomatie parallèle sous la direction de Wilson pour convaincre des partenaires aussi opposés que l’Arabie Saoudite ou Israël de financer la contre-offensive sur le sol afghan en dotant les résistants locaux d’armes de destruction massive. Comme quoi, l’anti-communisme primaire de bons nombres de grosses fortunes américaines peut, dans certaines circonstances, servir les droits de l’homme. Par moments, l’équipe constituée par Wilson et Gust Avrakotos, agent de la C.I.A. en rupture de ban, fait penser à des pieds nickelés dotés d'une efficacité redoutable.

Si Hanks semble s’amuser comme un fou à camper ce personnage haut en couleurs, coureur de jupons et cocaïnomane à ses heures, Julia Roberts et Philip Seymour Hoffman ne sont pas en reste pour ajouter du piment à cette comédie politique des plus réussies, qui nous en dit long sur les pratiques politiques américaines et sur le colosse aux pieds d’argile que semble parfois être le Président de la première puissance mondiale qui ne dirige pas complètement la stratégie militaire de son pays.

Si on s’amuse beaucoup devant tant de désinvolture, on sort quand même peu rassuré de cette formidable mascarade. Mike Nichols réussit ici le mariage rêvé entre le film de pur divertissement et le film à message. Une alchimie savoureuse pas si souvent que ça offerte au spectateur.