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"La défense Lincoln"

titre original "The Lincoln Lawyer"
année de production 2011
réalisation Brad Furman
scénario John Romano, d'après le roman éponyme de Michael Connelly
photographie Lukas Ettlin
musique Cliff Martinez
interprétation Matthew McConaughey, Marisa Tomei, Ryan Phillippe, William H. Macy, John Leguizamo, Michael Peña, Bryan Cranston

Le titre du film

Il fait référence au fait que le bureau duquel le personnage principal exerce son métier d'avocat se trouve être la banquette arrière de sa Lincoln.

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Les suspenses judiciaires ont été érigés en genre spécifique par Hollywood, et les Américains sont à peu près les seuls, à l'image de Sidney Lumet, le maître en la matière, à en maîtriser tous les ressorts. "La défense Lincoln" de Brad Furman, dont c’est seulement le deuxième film, prend d’emblée une place parmi les grandes réussites de la spécialité. Cette réussite est due en partie à l’ingéniosité du scénario tiré d’un roman de Michael Connelly et à la prestation remarquable de Matthew McConaughey.

Mick Haller, que l’on pourrait presque nommer Mike Hammer, n’est pas très loin de l’image du privé véhiculée par les films noirs depuis les années 1930, d'Humphrey Bogart à Elliott Gould, en passant par Robert Mitchum, Frank Sinatra ou Paul Newman. Cette quasi-homonymie avec le héros sorti de l’imagination de Mickey Spillane n’est probablement pas innocente, et il faut sans doute y voir un véritable hommage voulu conjointement par Connelly et Furman. Matthew McConaughey parvenant avec toute la « coolitude » qui s'impose à rendre son personnage crédible, le film sert de révélateur à un talent jusqu’alors relativement ignoré. Gageons que cette prestation propulsera McConaughey vers d’autres sommets (la suite l'a confirmé).

Le scénario à rebondissements a l’efficacité nécessaire pour nous maintenir en haleine du début à la fin du film, mais on a dit plus haut que dans le genre, les Américains excellaient. Cette histoire de l’innocent aux mains pleines avait déjà été utilisée avec succès en 1996 dans "Peur primale" par Gregory Hoblit. Du solide assurément, qui curieusement, fait souvent penser à l'affaire DSK de l’été 2011. La démonstration est faite une fois de plus que le système judiciaire américain, essentiellement basé sur la négociation entre les parties, est une formidable machine à générer du cash pour un appareil conçu à cet effet. Ne perdons jamais de vue que les États-Unis demeurent l’exemple parfait du capitalisme le plus débridé.

Notons enfin que la délicieuse Marisa Tomei apparaît dans un rôle relativement mineur.