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"L'amour... et après"

titre original "Afterglow"
année de production 1997
réalisation Alan Rudolph
scénario Alan Rudolph
photographie Toyomichi Kurita
musique Mark Isham
production Robert Altman
interprétation Nick Nolte, Julie Christie, Lara Flynn Boyle, Jonny Lee Miller

La critique de Didier Koch

Le cinéma d'Alan Rudolph est un cinéma d'atmosphère essentiellement consacré à la description de personnages qui se cherchent suite à des blessures anciennes mal refermées, ou parce qu'ils souhaitent donner une nouvelle orientation à leur vie. Des personnages en rupture donc, mais point de grands drames passionnels chez Rudolph, qui préfère procéder par petites touches teintées de romantisme et d’humour. Ainsi, les protagonistes de ses films ont toujours une certaine distance avec eux-mêmes, qui leur permet d’aborder les situations avec le recul nécessaire à l’autodérision.

C’est encore le cas dans "L'amour... et après", où personne n’est dupe de l’autre mais aussi de soi-même. C’est tout le charme des films d’Alan Rudolph que de nous faire sourire de nos comportements comme le faisait Woody Allen dans les années 70/80, avec toutefois un peu plus de poésie et moins de férocité que le juif new-yorkais.

Avec ce type de cinéastes, les acteurs sont au premier plan et chez Rudolph, ce sont surtout les femmes qui sont à l’honneur. Julie Christie, comme avant elle Geneviève Bujold, est magnifiée par la caméra du réalisateur qui fait jaillir avec éclat toute la classe et la fragilité de l’actrice anglaise qui bien consciente de la chance qui lui est offerte, livre une prestation très inspirée, récompensée d'une nomination à l'Oscar. Nick Nolte, de son côté, est parfait comme souvent, dans son rôle d’artisan fataliste qui cache, sous sa désinvolture et son apparent détachement, une blessure profonde qui l’éloigne inexorablement de celle qu’il aime. Mais la vie est une roue qui tourne chez Rudolph, et le couple mature se ressoudera, non sans avoir transmis aux plus jeunes qui l'accompagnent (Lara Flynn Boyle et Jonny Lee Miller) la leçon de leur propre histoire.

Toujours dans l’ombre du grand Altman, Rudolph n’aura jamais accédé à la gloire, mais ce n’était sans doute pas ce qu’il recherchait, préférant délivrer son art subtil loin de la machinerie hollywoodienne qui parvient toujours à formater les plus coriaces. Scorsese, Pollack et même quelquefois Altman ont du passer sous les fourches caudines des producteurs toujours prompts à rogner les ailes des créateurs pour satisfaire le plus grand nombre. Rudolph ne s’est jamais engagé dans cette voie, grand bien lui fasse, même si sa production demeure limitée et un peu méconnue par ce choix courageux. Aux sites comme Plans Américains de la transmettre.