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"Hanna"

titre original "Hanna"
année de production 2011
réalisation Joe Wright
interprétation Saoirse Ronan, Eric Bana, Cate Blanchett, Tom Hollander

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Joe Wright, réalisateur anglais, est plutôt connu pour ses collaborations avec sa compatriote, Keira Knightley, qui exploitent au mieux le talent et le goût de la jeune actrice pour les films en costumes. Ainsi, successivement, "Orgueil et préjugés" (2005), "Reviens-moi"(2007) et "Anna Karenine" (2012) ont été de solides succès, prenant à contre-courant la mode actuelle pour les films de super-héros.

En 2011, sans doute pour ne pas se laisser enfermer dans un seul registre, Joe Wright se lance dans un thriller fantastique écrit par Seth Lochhead et David Farr à partir d'une idée du premier, quand celui-ci était étudiant à l'école cinématographique de Vancouver. Dans une forêt reculée de Finlande, un père (Eric Bana) éduque sa fille (Saoirse Ronan) à la dure, visiblement dans le but d'en faire une "machine de guerre". Quand le désir d'affronter le monde civilisé va se faire trop grand, Hanna sait qu'elle va être la proie d'une femme (Cate Blanchett), chef des services secrets, qui va chercher à la détruire.

Hanna, aux capacités physiques hors normes et rompue à toutes les techniques de combat et de survie, si elle pratique plusieurs langues, ne sait rien des codes sociaux en dehors d'une connaissance livresque de l'histoire du monde. Déclarée prête par son père, elle entreprend un parcours initiatique pour le moins violent qui la conduira au Maroc, puis à Berlin, où elle percera le mystère de ses origines.

Ce canevas, certes peu crédible, permet à Joe Wright de se livrer à un exercice de style qui met à l'épreuve sa pratique de la réalisation. Le test est plutôt réussi, la minceur de l'intrigue étant largement compensée par l'ambiance distillée et la direction d'acteurs, qui permet à Saoirse Ronan, déjà dirigée par Joe Wright dans "Reviens-moi", d'épouser parfaitement le rôle de cette jeune femme en quête d'une normalité qui lui sera peut-être toujours refusée. Le rythme est soutenu, confirmant la ductilité de son savoir-faire, qui ne se limite donc pas aux salons raffinés des bourgeois et nobles du XIXe siècle. On notera la prestation réjouissante de Cate Blanchett en tueuse impitoyable et glaçante.

"Les heures sombres" (2017), relatant par le menu le parcours de Winston Churchill durant la Seconde Guerre mondiale, et qui apportera un Oscar à Gary Oldman, confirmera six ans plus tard les capacités démontrées dans ce thriller d'anticipation survitaminé.