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"Fog" version 1980

Derrière la brume... l'horreur !

titre original "The Fog"
année de production 1980
réalisation John Carpenter
scénario John Carpenter et Debra Hill
photographie Dean Cundey
musique John Carpenter
interprétation Jamie Lee Curtis, Janet Leigh, Adrienne Barbeau, Hal Holbrook, Nancy Loomis, Tom Atkins
récompense Prix de la critique au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1980
remake "Fog", Rupert Wainwright, 2005

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Si "Fog" est maîtrisé jusqu'au bout, du point de vue de la mise en scène et des effets spéciaux, il ne renouvelle pas véritablement le thème des morts-vivants, y appliquant en outre un discours moralisateur explicite un peu agaçant selon lequel "il ne faut pas faire le mal, sinon on s'en mord les doigts".

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

En 1980, John Carpenter vient de révolutionner le genre horrifique avec "Halloween, la nuit des masques" sorti deux ans plus tôt et qui a rapporté près de 200 fois son budget dérisoire. La solution de facilité qui lui tendait les bras aurait été de se lancer aussitôt dans le second opus d’une saga qui, arrivée en 2018, comptera plus d’une dizaine de films dont aucun n’a été réalisé par ses soins. Surprenant son producteur (Moustapha Akkad), il choisit, avec sa co-scénariste Debra Hill, de se replonger dans les histoires qui peuplaient les fanzines qu’il dévorait enfant.

L’idée de "Fog" lui serait venue lors d’une visite à Stonehenge. Le naufrage d’un bateau au large de Goleta (comté de Santa Barbara en Californie) au XIXe siècle ainsi qu’un film de science-fiction anglais sorti en 1958 ("The Trollenberg Terror" de Quentin Lawrence) finissent de nourrir l’inspiration des deux auteurs. L’histoire très basique d’une malédiction appelant vengeance n’est pas l’attrait principal de "Fog", mais plutôt le traitement qu’en propose un Carpenter démontrant encore une fois qu’avec un budget raisonnable, il est capable de proposer une esthétique saisissante.

Tous les codes du suspense et de l’angoisse sont savamment distillés, notamment lors de l’entame sur la plage pour laquelle Carpenter est allé dénicher le vétéran John Houseman afin qu’il narre à des enfants aux yeux écarquillés, la malédiction de l’île d’Antonio Bay. Le ton est magistralement donné pour une intrigue qui suit son chemin sans effort, portée par des acteurs parfaitement justes, que ce soit Jamie Lee Curtis, Adrienne Barbeau (alors la compagne de Carpenter), Janet Leigh (la mère de Jamie Lee Curtis), Tom Atkins ou Hal Hoolbrook. La photographie de Dean Cundey (déjà présent sur "Halloween") est somptueuse, ainsi que la musique écrite par John Carpenter lui-même, qui rythme l’avancée du brouillard phosphorescent et de la mort qu’il charrie avec lui. La voix sensuelle et chaude de Stevie Wayne (Adrienne Barbeau), l’animatrice de la seule radio locale de l’île, sera le fil conducteur habilement choisi par Carpenter pour orienter les réactions des personnages et du spectateur.

Si "Fog", qui reste malgré tout une série B, semble encore aujourd’hui parfait, il faut savoir que John Carpenter n’était pas satisfait de son premier montage, trouvant que le film ne fonctionnait pas en raison du manque de jump scares qui ne donnait pas toute sa puissance à l’intrigue. Des scènes supplémentaires ont donc été tournées et la bande-son, complètement remaniée. On reconnaît là le génie d’un réalisateur qui n’hésite pas à revisiter son travail pour parvenir à ses fins. Tout le monde, il est vrai, ne s’appelle pas John Carpenter.

Adrienne Barbeau, John Carpenter, Jamie Lee Curtis et Janet Leigh sur le tournage du film
Affiche alternative © Matt Ferguson
© Christopher Shy
Couverture no 1 de 1980 du magazine Cinefantastique

© Last Exit to Nowhere

FilmsFantastiques.com, L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
La chronique de Gilles Penso