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"Évasion"

titre original "Escape plan"
année de production 2013
réalisation Mikael Håfström
interprétation Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Sam Neill, Vincent D'Onofrio, 50 Cent

La critique de Didier Koch

Difficile pour les ex-gros bras des années 80 de se faire une place dans le Hollywood actuel sans s’auto-parodier, ce qu’ils font avec jubilation dans la franchise "Expendables" générée par Stallone lui-même. Encore plus dur pour Arnold Schwarzenegger, qui a fait une pause de plus de huit ans pour se consacrer à la politique.

La réunion des deux plus grandes icônes du genre, qui se sont tiré la bourre durant leur période de gloire, était attendue depuis plus de trente ans. "Expendables" 2 et 3 avaient amorcé le processus, mais Schwarzy y faisait une apparition éclair à chaque fois. Ce film de prison, certes pas génial mais qui en vaut bien d’autres, était une occasion unique de redorer le blason des deux hommes qui venaient de subir chacun un échec assez cuisant, montrant que le poids des ans n’est pas sans conséquence sur ce type de carrière basée sur les gros muscles, les plus jeunes prenant vite le dessus.

Les producteurs se sont dits que cette réunion tant attendue et inédite pourrait peut-être sauver les meuble au box-office. Le pari n’a pas été complètement tenu, le film ne décollant véritablement qu’en Chine. Sans être vraiment original, le scénario est assez malin pour nous embarquer à la suite des deux molosses patauds que sont devenus Rocky et Terminator, qui s’approchent tout de même de soixante-dix ans.

S’il y a une chose qui n’a pas changé, c’est bien le jeu toujours aussi figé de Stallone, dont le visage siliconé à l’extrême a bien du mal à exprimer de temps à autre la nuance d’un sentiment. Sly est soit triste, soit énervé, le reste n’est toujours pas disponible pas en rayon même en faisant péter le latex. Et si justement c’était pour cette maladresse inextinguible qu’on aime tant l’acteur, dont à chaque fois qu’on le voit, on peut se dire que muscles mis à part, on ferait mieux que lui dans l'acting comme le dit si bien Jean-Claude Vandamme, autre légende du genre ? Tout ceci n’est pas bien grave, Stallone ayant toujours eu conscience de ses limites.

De ce point de vue, Schwarzenegger est un peu mieux loti, ayant sans doute une ou deux expressions de plus à son service. Un talent supplémentaire peut-être, à moins que ce ne soit un meilleur chirurgien esthétique.

Pendant ce temps, "Évasion" tient solidement son cahier des charges grâce à une intrigue, on l’a dit plus haut, assez bien menée. Comme le confesse Stallone dans les bonus du Blu-ray, il faut se dépêcher avant que l’heure de la retraite ne sonne définitivement.