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"Dark City"

titre original "Dark City" aka "Dark Empire" aka "Dark World"
année de production 1998
réalisation Alex Proyas
scénario Alex Proyas
interprétation Rufus Sewell, Jennifer Connelly, Kiefer Sutherland, William Hurt

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

Alex Proyas, cinéaste américain d’origine égyptienne, a réalisé, avec "Dark City", un film de science-fiction de facture originale, sans doute appelé grâce à son propos novateur à acquérir avec le temps le statut de film culte.

Comme souvent dans le genre, la Terre est envahie par des petits hommes verts qui, ici, ressemblent à s’y méprendre à autant de copies de Max Schreck, l’acteur emblématique du "Nosferatu" de Murnau (1922). L'imagerie proposée par Proyas est directement inspirée du cinéma expressionniste allemand des années 1920, et plus particulièrement de la vision architecturale proposée par Fritz Lang dans "Metropolis".

Chose rare dans l’univers de la science-fiction, l’attaque extra-terrestre n’est pas frontale. Les « étrangers », comme ils sont nommés, obligés de quitter leur planète, ourdissent dans les sous-sols de la cité pour prendre la place des humains au terme d’un long processus par lequel ils cherchent à comprendre la spécificité de l’âme humaine. C’est sans doute le grand mérite de Proyas que de poser une vraie problématique. Dotés d’une intelligence nettement supérieure à celle de l’homme, les « étrangers » souffrent de ne pouvoir exprimer celle-ci qu’à travers le collectif, se trouvant de ce fait réduits à l’état d’une colonie d’insectes. Pour percer le mystère de l’individualité propre à la race humaine, les « étrangers », qui se sont alliés les services d’un scientifique corrompu  (formidable Kiefer Sutherland, à mille lieues de Jack Bauer), tentent différentes expériences afin de séquencer la mémoire contenue dans chaque cerveau pour ensuite se la réapproprier. Fascinante expérience. C’est dans ce contexte très particulier que le héros rame pour se sortir d’une accusation de meurtre.

Le film réserve encore plein de surprises, dont la présence de la sublime et fragile Jennifer Connelly, qui en font incontestablement une réussite du genre comme le fut  "Bienvenue à Gattaca" d’Andrew Niccol sorti à la même époque.