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"Cinq jours, ce printemps là"

Le dernier film de Fred Zinnemann

titre original "Five days one summer"
année de production 1982
réalisation Fred Zinnemann
musique Elmer Bernstein
interprétation Sean Connery, Betsy Brantley, Lambert Wilson

La critique de Sébastien Miguel

Échec tonitruant lors de sa sortie et goût de cendre pour ce film splendide sur la perte et le passage à l’âge adulte. Inoubliable, pourtant, lorsqu'on le découvre enfant et qu’on tente de comprendre l’apparition magistrale des flash-back et la tristesse qui se dégage de cette œuvre hors du temps.

Après l’excellent "Chacal" et le très beau "Julia", Fred Zinnemann (âgé de 75 ans) retrouve pour son ultime film l’Europe de sa jeunesse, celle des années 30. Univers qu’il reconstitue avec justesse, finesse et sans emphase. L’Europe des journées ensoleillées, des escapades en montage, de la vie heureuse avant la gangrène nazie…

Pas forcement conscient de ses ‘audaces’, Zinnemann provoque en allant à contre-courant du tout venant des années 80 : champ contre champ pour filmer l’émerveillement des arrivants au chalet ou recours au bon vieux triangle amoureux avec un trio d’acteurs d’une beauté hollywoodienne idéale (Sean Connery, Betsy Brantley et Lambert Wilson).

D’un romantisme suranné, le film se termine pourtant par un magnifique moment de cinéma : l’héroïne (comme le spectateur) regarde au loin une silhouette titubante et seule survivante d’un terrible accident de montagne ; s’agit-il de son vieil amant ou du jeune homme dont elle vient de tomber amoureuse ? C’est puissant, c’est bouleversant.

Rendant palpable le décorum grandiose et la fragilité de l’existence suspendu aux atermoiements d’une nature toute puissante, "Cinq jours, ce printemps là" s’impose (encore aujourd’hui) comme l’un des plus beaux films de montagne de l’histoire du cinéma.