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"Chasse à l'homme"

Chasse à l'homme - affiche

titre original "Hard Target"
année de production 1993
réalisation John Woo
scénario Chuck Pfarrer
photographie Russell Carpenter
interprétation Jean-Claude Van Damme, Lance Henriksen, Arnold Vosloo, Yancy Butler, Chuck Pfarrer, Wilford Brimley

La critique de Sébastien Miguel pour Plans Américains

Arrière-petit-fils du fameux Comte Zaroff, Lance Henriksen cabotine avec vigueur en méchant plus grand que nature : il est splendide de monstruosité inhumaine. Arnold Vosloo se taille aussi une belle part dans le registre homme de main psychopathe et pervers.

Van Damme, guère crédible en SDF, est toujours à la limite du ridicule. Le film oscille maladroitement entre film d’action sanglant et parodie (l’apparition de Van Damme trônant sur un pélican de fête foraine !).

Woo déforme chaque geste, accentue chaque mouvement. La virtuosité omniprésente couvre de guenilles le corps flasque d’une série B conventionnelle. Il fera bien pire par la suite ("Windtalkers", "Mission : impossible II"), et Van Damme aura rarement été aussi adroitement mythifié.

Un plaisir coupable ? Malgré son utilisation cynique et complaisante de la violence, "Chasse à l’homme" est peut-être le seul produit hollywoodien de Woo qui n’essaie pas d’être autre chose que ce qu’il est : une série B ultra-violente, creuse et crâneuse.

N.B. : quand on pense, quand même, qu’une ‘certaine’ frange de la critique française porta aux nues ce cynique faiseur, on croit rêver…

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Chasse à l’homme" est le premier film américain de John Woo. Le réalisateur chinois, qui est loin d’être un débutant, propose une revisite des fameuses "Chasses du Comte Zaroff" ("The Most Dangerous Game", 1932), avec Lance Henriksen en lieu et place de Leslie Banks dans le rôle du comte précité, et Jean-Claude Van Damme reprenant celui tenu par Joel McCrea dans le film d’Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel. C’était au départ Kurt Russell qui devait tenir le rôle avant que l’acteur belge entre dans le jeu.

Ce que le film a gagné en souplesse d’exécution des cascades a été perdu en qualité d’interprétation. Les limites du jeu de Van Damme sont certes criantes, mais bizarrement, elles font tout le sel du film vingt ans plus tard, alors que son propos comme sa réalisation sont désormais obsolètes. Il faut voir les efforts de celui qui cherche à toute force à se faire une modeste place derrière les trois monstres sacrés du film d’action que sont alors Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone et Bruce Willis. Ses poses hiératiques et ses roulements d'yeux appuyant chaque effet sont à l’évidence l’expression d’un élève appliqué qui fait tout ce qu’il peut pour donner le change.

Heureusement, à ses côtés, Lance Henriksen fait montre de tout son talent de méchant pour crédibiliser un peu l’ensemble. Il est d’ailleurs bien le seul, avec Wilford Brimley, à donner vie à cette "Chasse à l’homme" très référentielle qui, si elle demeure sympathique, n’en mérite pas pour autant la flatteuse réputation qui est la sienne aujourd’hui de la part des nostalgiques des années 1980-90.

De Jean-Claude Van Damme dans ce film, on se rappellera surtout sa « coupe mulet » au kitsch consommé qui n’a certainement pas aidé à le rendre plus convaincant, détruisant une grande partie de ses efforts pour ressembler à ses modèles cités plus haut.

FilmsFantastiques.com, L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
La chronique de Gilles Penso