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"Ça: Chapitre 2"

titre original "It Chapter Two"
année de production 2019
réalisation Andy Muschietti
scénario Gary Dauberman, d'après le roman en deux parties de Stephen King
musique Benjamin Wallfisch
interprétation Jessica Chastain, James McAvoy, Bill Skarsgård
épisode précédent "Ça", Andy Muschietti, 2017

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Ça", un des plus fameux romans de Stephen King, se décomposant en deux parties, et l’adaptation de la première par le réalisateur argentin Andres Muschietti ayant remporté un succès phénoménal, il n’est pas étonnant que très rapidement, le second volet ait été mis en chantier par New Line Cinema.

Le casting fait cette fois-ci appel à des acteurs adultes, les mioches du premier épisode ayant pris vingt-sept ans quand le vilain Grippe-Sou terrorise à nouveau la petite ville de Derry. Autour de Jessica Chastain, qu’Andres Muschietti connaît bien pour l’avoir dirigée dans "Mama" en 2013, on trouve James McAvoy, Bill Ader, Jay Ryan, James Ranson ou encore Isaiah Mustafa. Les acteurs adolescents, moins présents, assurent tout de même quelques scènes de complément servant à faire le lien. Bien sûr, Bill Skarsgård, si impressionnant dans "Ça", reprend le rôle de Grippe-Sou, le clown dansant.

Chacun est parti vivre sa vie aux quatre coins des États-Unis. C’est Mike Hanlon (Isaiah Mustafa), resté à Derry, qui bat le rappel afin que la promesse faite vingt-sept ans plutôt par les sept membres du « Club des Ratés » permette de mettre définitivement hors d’état de nuire le méchant qui dévore à nouveau des enfants. Le scénario écrit par Gary Dauberman, plutôt mécanique dans son découpage, n’est en vérité que le prétexte à l’exposition de saynètes où chacun des personnages, à la recherche d’un artefact de son passé (rituel nécessaire pour tuer le monstre !), doit se mesurer au clown polymorphe. Les trucages sont certes convaincants, mais ce qui était autrefois un tour de force est aujourd’hui devenu une exigence minimale.

Ce long passage en revue venant après des retrouvailles plutôt poussives, va allonger au-delà du raisonnable la durée du film (2h45). Le spectateur finit par décrocher face à ces adultes quarantenaires un peu ridicules à force de vouloir nous faire croire à un retour en enfance improbable. Le final passe donc à la trappe, et le spectateur un peu en léthargie peut raisonnablement se dire : « Tout "Ça" pour "Ça" ! ». Et ce n’est pas la courte apparition de Stephen King en personne qui, quoique sympathique, change grand-chose à l’affaire.

Le film bénéficiant de l’aura du premier épisode, aura quand même assuré au box-office, mais avec une recette diminuée de moitié, alors que le budget avait, lui, doublé. Cherchez l’erreur !

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