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"Ça"

titre original "It"
année de production 2017
réalisation Andy Muschietti
scénario d'après le roman en deux parties de Stephen King
musique Benjamin Wallfisch
suite "Ça: Chapitre 2", Andy Muschietti, 2019
FilmsFantastiques.com, L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
La chronique de Gilles Penso

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Ça", adaptation du roman de Stephen King paru en 1986 et remake de la minisérie réalisée par Tommy Lee Wallace en 1990, a, contre toute attente, décroché la timbale au box-office mondial. Meilleur démarrage pour un film d'horreur aux États-Unis, le film devient en France le quatrième plus gros succès du genre derrière "L'Exorciste", "Scream 3" (Wes Craven, 2000) et "Shining". Le succès est, on l'a dit, inattendu si l'on observe le sort des remakes de films d'horreur célèbres produits ces dernières années ("Carrie", "Evil Dead", "Poltergeist" ou encore "The Thing") rapidement retirés de l'affiche. Mais il faut nuancer le propos en tenant compte du fait que tous s'attaquaient à des films cultes, alors que "Ça", réputé être un des romans les plus achevés de Stephen King, n'a jamais été porté à l'écran et que la minisérie de Tommy Lee Wallace, souvent jugée calamiteuse, avait juste permis de combler un manque chez les nombreux fans de King.

Andres Muschietti, arrivé sur le projet après le mérité succès critique et commercial de "Mama" (2013), son premier film avec Jessica Chastain, réussit le pari audacieux de proposer un film qui ne renie rien de ce qui faisait le charme de la période faste des adaptations des livres de King des années 1980 à 2000, tout en modernisant l'approche esthétique grâce aux avancées techniques actuelles. Toutes les thématiques chères à King sont aussi bien exploitées, de l'anxiété générée par l'entrée dans l'adolescence avec son cortège d'incertitudes liées à la transformation physique, au rejet par les plus âgés, à l'éveil de la sexualité ou à la découverte de la mort.

Après un prologue parfaitement réussi tant par le climat d'angoisse qu'il impose que par son introduction des caractères en présence, Andres Muschietti et ses scénaristes font essentiellement référence à deux grandes réussites du genre que sont "Stand by Me" (tiré d'une nouvelle de Stephen King) et "Les griffes de la nuit". Avançant ainsi solidement sur ses deux pieds, le film ne sort certes pas des sentiers battus, mais ne risque non plus jamais le faux pas. Restait à réussir les fameux jump scares qui constituent malgré tout l'attrait principal du genre. Passage parfaitement réussi par Muschietti et son équipe d'effets spéciaux.

Les jeunes acteurs étant parfaitement convaincants, le sans faute aurait pu être atteint si la durée du film avait été davantage maitrisée (160 mn) et si la face séductrice de Grippe-Sou le clown, remarquablement interprété par Bill Skarsgard, avait été plus souvent utilisée comme dans la magnifique première scène.