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"Basic instinct"

Basic instinct

titre original "Basic instinct"
année de production 1992
réalisation Paul Verhoeven
scénario Joe Eszterhas
photographie Jan de Bont
musique Jerry Goldsmith
interprétation Sharon Stone, Michael Douglas, Jeanne Tripplehorn, James Rebhorn

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

(Précisons que le collaborateur en charge de l'analyse de la quasi-totalité des films avec Sharon Stone est un inconditionnel, un fan absolu de l'actrice.)

Transcendé, sublimé par la puissance du génie dramatique et la formidable beauté de Sharon Stone, "Basic instinct" constitue avec "Sliver" un tournant, la somme dramaturgique charnière de cette fin de siècle dont Sharon Stone est la plus fabuleuse révélation.

La fascinante puissance du prologue de "Basic instinct" prépare l'implacable épilogue de "Sliver" ; son propre épilogue, sans fin, annonçant, grâce à l'intercession divine de Sharon Stone, le retour et la prise de possession mystique de son appartement par Catherine, métamorphosée en Carly, dans "Sliver", à l'instar de Wotan devenu le voyageur dans "Siegfried".

De "Basic instinct" ou l'instinct fondamental à "Sliver" ou le chaos des instincts, Sharon Stone est le démiurge de la mise en œuvre du concept nietzschien d'"instinct" : ayant, dans "Basic instinct", imposé le règne de l'instinct fondamental dans l'élan qui détermine le choix de l'"élu" et dans celui que donne la sensation d'avoir été choisi, par la perception de l'"autre", Catherine, devenue momentanément Carly, met fin au chaos des instincts et à l'égarement blasphématoire de ceux qui prétendent jouer à Dieu, en dressant le constat de leurs ambitions sacrilèges.

"Basic instinct" est, par ailleurs, enrichi d'innombrables points de repères, mythologiques notamment : Catherine méditant devant le bûcher purificateur, au lendemain de la nuit d'amour ; son environnement d'amazones, Roxane, Hazel, Beth ; sa parure précieuse dans les dernières scènes ; l'utilisation du blanc et du noir (les deux Lotus, noire et blanche, de Catherine ; son foulard et son châle, sa robe, son manteau, son tailleur, blancs... ; les vêtements noirs de Roxane) ; le plan final où resplendit le pic-épée comme dans une crypte.

(...)

Une idéale fusion, proche du drame wagnérien, de tous ces éléments constitutifs - scénario, dialogues, décors, photo, montage, musique, interprétation - portés à leur plus haut point de rigueur par une mise en scène idéale, confère au chef-d’œuvre de Sharon Stone et Paul Verhoeven les tonalités rarissimes d'une création intimiste et grandiose à la fois.