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Critiques de Bertrand Tavernier de films américains des années 70 aux années 90

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Abattoir 5
Les Affranchis
After Hours
Ainsi va l'amour
Amadeus
American Graffiti
Annie Hall
Arizona junior
Les Arnaqueurs
Au-delà de la gloire
Au-dessous du volcan
Aux cœurs des ténèbres
L'Aventure intérieure
La Bande des quatre
Barfly
Barton Fink
Bienvenue Mister Chance
Big
Billy Bathgate
Bird
Blue Collar
Blue Velvet
Bob Roberts
Boire et déboires
La Brûlure
Bugsy
Catch 22
Chasseur blanc, cœur noir
Le Choix de Sophie
Les Choses de l'amour
Cinq pièces faciles
Citizens Band
City of Hope
Closet Land
Complot de famille
Conversation secrète
Cop
Les copains d'abord
Cotton Club
La Couleur de l'argent
La Couleur pourpre
Coup de cœur
Crimes du cœur
Daisy Miller
Dangereuse sous tous rapports
Le Dernier Nabab
La Dernière Chance
La Dernière Tentation du Christ
Des gens comme les autres
Deux filles au tapis
Dick Tracy
Le Dossier Adams
Down by Law
Dracula (1992)
Drugstore Cowboy
Edward aux mains d'argent
Ennemies : une histoire d'amour
L'Épouvantail
Et au milieu coule une rivière
L'Étoffe des héros
L'Exorciste II : l'hérétique
Le facteur sonne toujours deux fois
Faux-semblants
La Femme libre
La Fièvre au corps
Les Filous
Le Flic de Beverly Hills
Folie-folie
For the Boys
Frankenstein junior
Frantic
La Fugue
Full Metal Jacket
Fureur apache
Les Gens de Dublin
Georgia
Gloria
Les Guerriers de l'enfer
Hair
Hammett
Hannah et ses sœurs
Heart Beat
L'Homme à femmes
L'homme qui voulut être roi
L'Honneur des Prizzi
Hôtel Terminus
Husbands
The Iceman Cometh
L'Impasse
Impitoyable
Indiana Jones et la dernière croisade
Intérieurs
Jack le magnifique
Jardins de pierre
JFK
John McCabe
Josey Wales hors-la-loi
Jungle Fever
Jurassic Park
Kafka
King of the Hill
The Last Movie
Les Liaisons dangereuses
Le Limier
La Liste de Schindler
Little Big Man
Lost in America
Love Streams
Loving
M. Butterfly
Macadam à deux voies
La Maison du lac
La Maison Russie
Malcolm X
Le Malin
Maman très chère
Mandingo
Manhattan
M.A.S.H.
Mean Streets
Mélodie pour un meurtre
Mélodie pour un tueur
Melvin and Howard
Le Merdier
Meurtre d'un bookmaker chinois
Micki et Maude
Mikey et Nicky
Milagro
Milestones
Miller's Crossing
Missing
Les Moissons du ciel
Le monde selon Garp
Music Box
My Dinner with Andre
My Own Private Idaho
Le Mystère Andromède
Le Mystère Silkwood
Le Mystère von Bulow
Natty Gann
New York, New York
New York Stories
Nina
Nola Darling n'en fait qu'à sa tête
Nous sommes tous des voleurs
Obsession
Opening Night
Out of Africa
Outrages
Paiement cash
Pale Rider
Panique à Needle Park
Le Paradis du Mexicain
Le Parrain
Patton
Le Pays de la violence
Peggy Sue s'est mariée
Personal Best
Philadelphia
Popeye
Portrait d'une enfant déchue
Le Prince de New York
Princess Bride
48 heures
Que le spectacle commence
Raging Bull
Ragtime
Recherche Susan désespérément
Reds
Repo Man
Le Reptile
Le Retour de la panthère rose
Return of the Secaucus Seven
Reviens Jimmy Dean, reviens
Roger et moi
The Rose
Roxanne
La Rue
Rusty James
Sailor et Lula
Salvador
Sanglantes confessions
Sexe, mensonges et vidéo
Six degrés de séparation
Le Sixième Sens
Smile
S.O.B.
Sounder
Spéciale première
Stardust Memories
Stranger Than Paradise
Sweet Dreams
Taxi Driver
Le Temps de l'innocence
Tendre bonheur
That's Life!
Tout l'or du ciel
Toys
Traître sur commande
3 femmes
Trust Me
Tu ne m'oublieras pas
Tucker : l'homme et son rêve
L'Ultimatum des trois mercenaires
Un après-midi de chien
Un été 42
Un faux mouvement
Un frisson dans la nuit
Un homme parmi les loups
Un mariage
Un monde parfait
Un violon sur le toit
Under Fire
Une femme sous influence
La Valse des pantins
La Vengeance mexicaine
Veuve, mais pas trop...
Wall Street
Wanda
The White Dawn
Y a-t-il un flic pour sauver la Reine ?
Y a-t-il un pilote dans l'avion ?
Zelig

Souvenirs de Bertrand Tavernier par Martin Scorsese

texte traduit et publié par le magazine Télérama

« La première fois que j’ai rencontré Bertrand Tavernier, c’était au début des années 1970. Il était alors accompagné de son ami et ancien collaborateur Pierre Rissient. Ils avaient vu "Mean Streets" et le défendaient avec vigueur publiquement. Un soutien qui signifiait beaucoup de choses à mes yeux.

J’ai très vite compris que Bertrand connaissait de fond en comble l’histoire du cinéma. Plus encore, il était un passionné du cinéma : passionné par ce qu’il aimait, passionné par ce qu’il détestait, passionné par ses nouvelles découvertes, passionné par les figures injustement oubliées dans l’histoire du cinéma – Bertrand a été celui qui nous a permis de redécouvrir le réalisateur Michael Powell –, passionné par les films qu’il a lui-même réalisés.

Bertrand était un cinéaste singulier, à nul autre comparable. J’ai particulièrement aimé son film de 1984, "Un dimanche à la campagne". Ce film a été conçu avec tant de subtilité que j’ai l’impression qu’il est sorti tout droit du monde des impressionnistes. J’ai également adoré ses films historiques, comme "Que la fête commence…" et "Capitaine Conan", et ses adaptations de Simenon ("L’Horloger de Saint-Paul", son premier film) et de Jim Thompson ("Coup de torchon", adapté de "1275 âmes").

En 1983, je déjeunais avec Bertrand et Irwin Winkler quand ils ont décidé, tous les deux, de faire le magnifique "Autour de minuit". C’est pour moi un merveilleux souvenir d’avoir fait une petite apparition dans ce film, dans le rôle de l’agent de Dexter Gordon.

Bertrand connaissait intimement tous les aspects du cinéma français. C’est une chance incroyable pour nous tous que Bertrand ait partagé son savoir et sa passion dans son documentaire "Voyage à travers le cinéma français", une œuvre d’une grande beauté.

Il connaissait tout aussi intimement le cinéma américain. Bertrand et Jean-Pierre Coursodon ont coécrit, et régulièrement mis à jour, un dictionnaire exhaustif consacré aux réalisateurs américains ("50 ans de cinéma américain"). Cet ouvrage majeur mériterait d’être traduit en anglais.

Je veux enfin partager une dernière image à propos de Bertrand. Une image bien connue par tous ses amis et par tous ses proches. Bertrand était tellement passionné qu’il pouvait littéralement vous mettre K.-O. Il restait assis, pendant des heures et des heures, argumentant pour ou contre un film, un cinéaste, un musicien, un livre ou une décision politique. Au bout d’un moment, terrassé, vous vous demandiez simplement : mais d’où lui vient toute cette énergie ?

Aujourd’hui, il m’est très difficile de me dire que je n’aurai plus jamais la chance de recevoir toute cette incroyable énergie. Que je n’aurai plus jamais la chance de rencontrer un homme aussi extraordinaire, un homme tellement irremplaçable. »