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"V pour vendetta"

titre original "V for vendetta"
année de production 2006
réalisation James McTeigue
scénario Andy Wachowski et Lana Wachowski, d'après le roman graphique d'Alan Moore
interprétation Hugo Weaving, Natalie Portman, Stephen Fry, John Hurt, Stephen Rea

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Adapter l'éblouissant et subversif roman graphique de Moore et Lloyd était un pari risqué. Un pari que les frères Wachowski, portés par le succès planétaire de la trilogie "Matrix", ont brillamment relevé. Crédités en tant que producteurs et scénaristes, les deux frangins ont ici confié la mise en scène à James McTeigue, un de leurs fidèles collaborateurs, qui signe ainsi son premier long métrage. Un baptême du feu dont McTeigue se tire avec les honneurs.

« Même si les inconditionnels de la BD risquent de rester quelque peu sur leur faim, reprochant à cette adaptation de ne pas être aussi pamphlétaire que l'ouvrage original, "V pour vendetta" n'en demeure pas moins un formidable film de SF qui, tout en jouant la carte du divertissement, nous donne à réfléchir sur le sens et l'essence du pouvoir. Ajoutez à cela une distribution de qualité dominée par Natalie Portman et Hugo Weaving, et vous obtenez l'un des blockbusters les plus intelligents de ces dernières années. » (L'Ecran fantastique)

La critique de Pierre

Quel drôle de film !

Pour le comprendre, il faut d'abord connaître - un peu - le comics dont il est tiré, écrit par Alan Moore (l'autre grand auteur du genre dans les années 80 avec Miller, responsable de "From hell", "Watchmen" - ma BD préférée - et "La ligue des gentlemen extraordinaires"). Le comics était un commentaire très violent sur l'Angleterre de Thatcher, racontant l'histoire d'un héros défiguré qui terrorise une Angleterre futuriste en proie au fascisme. C'était super. Tellement super que les Wachowski ont décidé d'en faire un film, qu'ils ont écrit et produit. A la mise en scène, un de leurs yes-men, ancien réalisateur 1ère équipe sur "Matrix reloaded".

Je le dis de suite : je suis sorti de là, j'étais incapable de dire si j'avais aimé ou non. Même encore aujourd'hui, je ne suis pas très sûr. Mais je crois que je dirais plutôt que j'ai aimé.

Le problème, c'est que quand on parle de terrorisme dans une BD dans les années 80 et qu'on a du temps pour explorer les personnages, ça passe : l'aspect moralement douteux et dangereux du personnage principal n'est pas esquivé dans le comics. Mais quand on fait un film en 2006 sur un terroriste qui fait exploser des monuments ou qui pratique le lavage de cerveaux, forcément, ça n'a plus le même sens. D'où un aspect un peu douteux si on prend tout ça au sens littéral. Mais au final, on préfère penser que tout ça est plus une invitation à la réflexion, comme par exemple "The Wall" d'Alan Parker, avec lequel il y a certains points communs.

Autre précision : en dépit de 2 ou 3 séquences d'action bien troussées avec bullett time post-"Matrix" totalement inutile (mais toujours sympa), il ne s'agit pas d'un film d'action.

Autre autre précision : 15 minutes en moins, ça n'aurait pas fait de mal.

Quoi qu'il en soit, une seule certitude ressort de tout ça : Hugo Weaving, masqué pendant tout le film, fait contre toute attente une prestation mémorable, quasi exclusivement vocale (il était déjà très fort pour ça en agent Smith dans "Matrix"). C'est lui qui insuffle toute son émotion au film. Il est aidé en cela par Antony & The Johnsons, eh oui !, qu'on entend distinctement pendant une scène en arrière fond, chanter "Bird gerhl" (référence à l'un des frères Wachowski, dont la rumeur persistante veut qu'il ait changé de sexe ?).

Les logos Warner Bros. et DC Comics détournés : cliquer ici.

Minimalist poster by Gidi Vigo