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"Un monde parfait"

titre original "A perfect world"
année de production 1993
réalisation Clint Eastwood
scénario John Lee Hancock
photographie Jack N. Green
musique Lennie Niehaus
interprétation Kevin Costner, Clint Eastwood, Laura Dern

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Clint Eastwood, en tant que comédien, s'efface ici pour laisser une place prépondérante au couple formé par l'homme et l'enfant, tous deux marqués par une enfance difficile, par l'absence d'un père. Pour l'enfant, c'est l'apprentissage de la vie, la découverte de la liberté ; pour l'homme en cavale, ce sont des sentiments nouveaux, quasi paternels. Ce thème parcourt tout le film, lui donnant son originalité, d'autant que Clint Eastwood, en tant que réalisateur, ne laisse pas fléchir son récit, avec toujours le sens du détail précis, de la mise en espace, avec des moments de pure comédie et d'autres d'une intense émotion dramatique, sans sentimentalisme intempestif.

Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

Un évadé de prison, avec un otage, poursuivi par la police. Sur ce point de départ très banal, Clint Eastwood et son scénariste John Lee Hancock construisent un long (2h18) film qui ne cesse de nous surprendre par ses méandres, ses dérapages, ses changements de ton, et surtout son refus tranquille de tous les ingrédients ordinaires du genre (au point qu'on a presque l'impression, comme l'a écrit au moins un critique, qu'Eastwood "invente un nouveau genre").

La générosité proverbiale du réalisateur pour les acteurs qui partagent l'affiche avec lui confine ici à l'abnégation : il laisse la vedette à Kevin Costner, se reléguant lui-même dans un rôle très secondaire de policier. Abnégation payante : le personnage de Costner, remarquablement écrit, est peut-être la meilleure interprétation de cet acteur à ce jour, et ses rapports avec le petit garçon qu'il a pris en otage sont parmi les plus intéressants qu'on ait vu entre un homme et un enfant depuis longtemps.

Les scènes avec Eastwood et les autres poursuivants paraissent, par comparaison, un peu faibles : comme dans "Thelma et Louise", on attend avec impatience que le film revienne aux fugitifs...

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