Menu Fermer

"Psychose II"

titre original "Psycho II"
année de production 1983
réalisation Richard Franklin
scénario Tom Holland
musique Jerry Goldsmith
interprétation Anthony Perkins, Vera Miles, Meg Tilly, Robert Loggia, Dennis Franz
épisode précédent "Psychose", Alfred Hitchcock, 1960
 
épisode suivant "Psychose III", Anthony Perkins, 1986

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

S'il existe un acteur marqué par un seul et unique rôle, c'est bien d'Anthony Perkins dont il faut citer le nom. Catalogué à ses débuts comme un jeune premier prometteur, mais dont l'emploi précis est difficile à cerner en raison de son physique androgyne, Anthony Perkins a l'énorme chance d'être sollicité par le grand Alfred Hitchcock qui s'apprête à mettre en chantier un de ses films les plus célèbres, précurseur des slashers qui vont faire fureur à partir des années 1980. Chacun aura reconnu "Psychose", le film culte de 1960, qui installa directement Perkins dans la catégorie des stars sans pour autant que son emploi futur sur les écrans ne soit encore défini.

Les choses vont même sacrément se compliquer pour lui. Les rôles de jeunes premiers un peu gauches à la James Stewart lui sont désormais inaccessibles, l'image de Norman Bates ayant profondément imprégné le subconscient des spectateurs. L'acteur n'a pas encore trente ans, et une faible expérience derrière lui. Il décroche pourtant dans la foulée un prix d'interprétation à Cannes en 1961 pour "Aimez-vous Brahms" d'Anatole Litvak. Mais la suite, essentiellement faite de seconds rôles dans des films qui ne sont pas les meilleurs de leurs réalisateurs, se révélera déceptive.

L'arrivée du slasher en 1978 avec "La nuit des masques" de John Carpenter va toutefois permettre à Anthony Perkins de tenter un retour au premier plan d'une façon inattendue, et certainement pas tel qu'il l'aurait souhaité. Mais l'acteur, d'abord réticent, fait contre mauvaise fortune bon cœur quand il apprend que Christopher Walken a été pressenti pour interpréter Norman Bates.

Mis en scène par Richard Franklin, un obscur faiseur, et scénarisé par Tom Holland, futur réalisateur de "Jeu d'enfant", le film qui s'avère être une suite, reprenant Norman Bates exactement 22 ans après les faits, ne peut bien sûr égaler ni même approcher le chef-d'œuvre d'Hitchcock, mais il parvient à faire son effet, grâce à la prestation habitée d'un Anthony Perkins, qui a conservé à 51 ans son allure de post-adolescent maladroit et mal dans sa peau.

Spoiler : De retour dans le fameux motel où se sont déroulés les faits tragiques, devenu un lieu de passe tenu par un gérant libidineux à souhait (Dennis Franz impeccable), Norman Bates est vite rattrapé par ses démons malgré un emploi trouvé au snack du coin. Madame Loomis (Vera Miles), la sœur de Marion Crane (Janet Leigh) que Norman a tuée lors de l'"immortelle" scène de la douche rythmée par les violons stridents du grand Bernard Hermann, et sa fille (Meg Till), en quête de vengeance, ourdissent pour lui faire croire que sa mère est toujours vivante.

Grâce à un solide casting et au rappel judicieux de tous les symboles du film séminal, dont la fameuse demeure toujours en place au sein des studios Universal, "Psychose II" s'avère tout à fait digeste. Le public lui réservera d'ailleurs un très bon accueil, permettant au film de ramener 35 millions de dollars pour un budget modeste de 5 millions.

Anthony Perkins se rappelait donc à son public, mais avait mis le doigt dans un engrenage qui le conduira à passer derrière la caméra trois ans plus tard pour "Psychose III". Le succès sera nettement moindre, le scénario semblant cette fois ne rien apporter de neuf. L'acteur déjà malade se lancera dans un quatrième épisode réalisé par Mick Garris pour la télévision. Il mourra un an plus tard, en 1991, sans avoir pu envisager une autre récidive.