Menu Fermer

"Panic room"

titre original "Panic room"
année de production 2002
réalisation David Fincher
scénario David Koepp
musique Howard Shore
interprétation Jodie Foster, Forest Whitaker, Jared Leto, Ian Buchanan

Commentaire du chef-opérateur Darius Khondji
(source : entretien réalisé par Didier Verdurand pour le site ecranlarge.com)

« Extrêmement compliqué à réaliser, en studio, avec une prévisualisation numérique de tous les décors. Fincher m'avait proposé "Fight Club", mais mon emploi du temps ne me le permettait pas. "Panic room" était une commande, mais Fincher avait un comportement complètement obsessionnel. Les idées étaient bonnes sur le papier, le planning était bien organisé, et nous avons commencé le tournage avec Nicole Kidman, à un moment dramatique de sa vie, et elle nous quitte au bout de quatre semaines. Sony était furieux et a voulu la remplacer par une pin-up alors que Fincher voulait son propre choix, Jodie Foster. J'étais de son côté, et au bout d'un long bras de fer, il a gagné. Seulement, nous avions déjà pris beaucoup de retard. Pour enfoncer le bouchon, il a aussi obtenu vingt à trente jours supplémentaires de tournage, au grand dam de Sony qui s'est finalement retourné contre lui en se plaignant de la lenteur de notre travail. Fincher est comme Kubrick, il ne peut pas travailler avec des délais trop courts. Il ne doit pas y avoir le moindre défaut, tout doit être exécuté parfaitement. Les meilleurs techniciens d'Hollywood travaillaient sur ce film, mais ce n'était pas le Fincher de "Seven". Cette fois, personne ne pouvait lui dicter la moindre note, seul lui pouvait réaliser ce qu'il avait en tête. Sony n'a pu virer sa productrice puisqu'elle était sa compagne, donc je me suis retrouvé en première ligne et ils m'ont viré, à la moitié du tournage. C'est un cas unique dans ma carrière, très désagréable, dramatique. Je ne suis plus en contact avec David Fincher, car je considère qu'il s'est mal comporté. Au début, il m'a protégé, puis notre amitié s'est détériorée, je ne voulais pas suivre cette énergie froide et obsessionnelle. Pour le moindre plan, il y avait minimum vingt-cinq à trente prises et cela pouvait aller jusqu'à une soixantaine. Les retards ont d'ailleurs continué après mon départ, à tel point que les exécutifs de Sony se sont excusés auprès de mon agent, disant que je pourrais retravailler avec eux dès que je le désirerais. Il fallait un bouc émissaire et en l'occurrence, c'était moi.