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"Morts suspectes"

titre original "Coma"
année de production 1978
réalisation Michael Crichton
scénario Michael Crichton, d'après le roman éponyme de Robin Cook
photographie Victor J. Kemper
musique Jerry Goldsmith
interprétation Geneviève Bujold, Michael Douglas, Richard Widmark, Lois Chiles, Tom Selleck,
Ed Harris

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Superbe thriller médical, original quant à son scénario et parfaitement mis en scène par un Crichton lassé d'être adapté et préférant adapter lui-même.

La critique de Didier Koch

Grand pourvoyeur de scénarios pour Hollywood en qualité de romancier de science-fiction ("Jurassik Park", entre autres), Michael Crichton passa quelquefois derrière la caméra (6 films), pensant sans doute que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Pour son deuxième film après le succès d'estime justifié de "Mondwest" (1973), il adapte "Coma", un roman de Robin Cook, écrivain spécialisé dans le thriller médical, sorti un an plus tôt. Dans un grand hôpital de Boston, la mort inexpliquée de plusieurs patients jeunes et en bonne santé alerte une jeune médecin, qui commence une enquête qui va la mener loin dans la conspiration des élites toujours promptes à se saisir des derniers progrès de la science pour se remplir les poches quitte à fouler aux pieds le serment d'Hippocrate.

Le schéma classique de la littérature de Robin Cook est de plonger le lecteur dans l'univers glacé et sans âme des grands hôpitaux urbains, où la multiplicité des actes et la prédominance d'une médecine technologique plus qu'humaine favorisent les dérives de toutes sortes sur des patients devenus de simples numéros. Michael Crichton, qui connaît bien les techniques narratives du suspense, ne se montre pas manchot pour retranscrire l'ambiance du roman à l'écran.

Geneviève Bujold, mélange harmonieux entre fragilité et détermination, occupe tout l'écran comme elle l'avait fait juste avant dans "Obsession" de Brian De Palma, éclipsant un peu Michael Douglas qui n'est là que pour jouer les utilités. Richard Widmark à la suavité inquiétante, qui est alors sur le dernier versant de sa riche carrière, se rappelle au bon souvenir de son premier rôle dans le célèbre "Carrefour de la mort" d'Henry Hathaway (1947).

Très efficace, même si on peut rêver à ce qu'aurait pu tirer le Brian De Palma de la grande époque d'un tel scénario.