Menu Fermer

"Le retour du Jedi"

titre original "Return of the Jedi"
année de production 1983
réalisation Richard Marquand
production Lucasfilm
scénario George Lucas et Lawrence Kasdan
musique John Williams
interprétation Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Alec Guinness, David Prowse,
Ian McDiarmid
épisodes précédents • "La menace fantôme" (Épisode I), George Lucas, 1999
• "L'attaque des clones" (Épisode II), George Lucas, 2002
• "La revanche des Sith" (Épisode III), George Lucas, 2005
• "La guerre des étoiles" (Épisode IV), George Lucas, 1977
• "L'Empire contre-attaque" (Épisode V), Irvin Kershner, 1980
 
épisodes suivants • "Le réveil de la Force" (Épisode VII), J.J. Abrams, 2015
• "Les derniers Jedi" (Épisode VIII), Rian Johnson, 2017

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de DVDClassik : cliquer ici.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Troisième volet de "La guerre des étoiles" : encore plus d'effets spéciaux, plus de monstres et une mise en scène plus vigoureuse de Marquand. Mais l'ensemble reste un peu ennuyeux.

La critique de Didier Koch

Quand George Lucas met en chantier le dernier épisode de la première trilogie, la saga "Star wars" est devenue un business plus que florissant. Si les deux premiers films ont rapporté chacun plus de 500 millions de dollars, c’est surtout en produits dérivés que le business s’avère le plus juteux, avec une part prépondérante pour les jouets et figurines représentant les héros de la saga. La leçon a été parfaitement retenue et comprise par Lucas qui, désormais, pense plus en homme d’affaires qu’en cinéaste.

Il a bien senti que "L’Empire contre-attaque" n’avait pas assez apporté de sang neuf à la série, qui risquait de lasser s’il n’apportait pas de nouveaux personnages qui pourraient très rapidement être dupliqués en peluches ou en statuettes. C’est donc une profusion d’animaux étranges qui vient enrichir le bestiaire de "Star wars" avec, en vedette, Jabba le Hut, énorme limace visqueuse dont Lucas souhaitait qu’elle soit à l’image de Sydney Greenstreet, l’acteur pachydermique des films mythiques d’Humphrey Bogart ("Le faucon maltais", "Casablanca", "Passage pour Marseille" ou "La mort n’était pas au rendez-vous"), et les Ewoks, petites bêtes à poils habitant la planète Endor, qui sont déjà en quelque sorte des peluches prêtes à être vendues. Tout cela sent bien sûr le marketing à plein nez.

Encore une fois, le producteur Lucas délègue la réalisation à un tâcheron talentueux, le réalisateur gallois Richard Marquand, qui vient de se faire remarquer grâce à "L’arme à l’œil", film d’espionnage efficace avec Donald Sutherland. La recette est toujours la même, des pièges tendus aux gentils membres de l’équipe habituelle formée autour de la reine Leia (Carrie Fisher) à la découverte par Luke Skywalker (Mark Hamill) de ses origines. L’emprunt aux films de genre qui ont fait la légende d’Hollywood se poursuit avec, cette fois-ci, une plongée dans l’univers de Robin des Bois grâce à de gentils Ewoks montrés comme les frères d’armes de Petit Jean, le compagnon fidèle du célèbre détrousseur de la forêt de Sherwood, remplacée ici par le paysage de la lune forestière de la planète Endor. Malgré tous ces artefacts, la difficulté à se renouveler a été une nouvelle fois remarquée par certains, et le box-office s’en est un peu ressenti, marquant un léger retrait par rapport aux deux premiers épisodes.

Au final, "Le retour du Jedi" montre tout à la fois, le formidable opportunisme de Lucas mais aussi son incapacité à donner une colonne vertébrale solide à sa trilogie, qui part un peu dans tous les sens au gré du slalom marketing de son auteur. Prudent, Lucas a laissé sa création pendant plus de quinze ans dans ses tiroirs, ne la ressortant que lorsque la demande fut jugée assez forte et les effets spéciaux assez renouvelés pour assurer la réussite de la renaissance d’une nouvelle trilogie agissant comme une préquelle, inversant d’un coup les numéros d’ordre des épisodes de la mythique saga.

On peut malgré tout, sans être taxé de snobisme et d’intellectualisme pédant, se poser la question de la réelle valeur de ces trois films, même vus sous l’angle unique du divertissement. Distrayants et sympathiques sans doute, niais souvent, répétitifs assurément, mais en tout cas certainement pas à classer parmi les chefs-d’œuvre du septième art.

Référence : l'affiche sur la porte de la chambre des enfants dans "À double tranchant", du même réalisateur
Couverture du Cinefex de juillet 1983
Minimalist poster by Olly Moss