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"Le dernier nabab"

Le dernier film d'Elia Kazan

titre original "The Last Tycoon"
année de production 1976
réalisation Elia Kazan
scénario Harold Pinter, d'après le roman éponyme et inachevé de Francis Scott Fitzgerald
photographie Victor J. Kemper
musique Maurice Jarre
production Sam Spiegel
interprétation Robert De Niro, Tony Curtis, Jack Nicholson, Donald Pleasence, Robert Mitchum, Jeanne Moreau, Ray Milland, Dana Andrews, Theresa Russell, Anjelica Huston, John Carradine, Seymour Cassel

Le titre original du film

Le mot tycoon, qui signifie en français "magnat", vient du japonais taikoun et désigne, tout comme "nabab" et "mogol" (ou "moghol" ou encore "moghul", nom d'une dynastie qui régna en Inde à partir du XVIe siècle), les personnages les plus puissants du cinéma : les producteurs américains.

La critique de Sébastien Miguel pour Plans Américains

"Au-delà de la mer Egée" ne se faisant pas, Elia Kazan accepte une commande de Spiegel afin de… rétablir sa vieille maman qui pourrait bénéficier des bienfaits du soleil californien !

Une affiche exceptionnelle - la plus incroyable du cinéma américain avec "La poursuite impitoyable" ("The Chase") * de Penn -, une satire douce-amère de Hollywood sans le mordant légendaire de l’auteur de "L'Arrangement".

Pinter n’aima pas le film : « Trop sentimental ». Pourtant, c’est un très beau bateau ivre. Nostalgique, élégiaque…

En Thalberg, De Niro est féminin, fébrile et admirable. Les monstres sont tous remarquablement dirigés. Une petite préférence pour Tony Curtis (dans une relecture irrésistible de ce qu’il fut) et Robert Mitchum (magnifiquement doublé par Jean-Claude Michel), qui reste splendide en brute machiste et grossière.

La femme aimée apparue telle une déesse disparaît dans le confort banal d’un salon de femme mariée.

Amour, échec et mort se conjuguent pour l’une des plus remarquables illustrations de la fêlure fitzgeraldienne.

* Marlon Brando, Jane Fonda, Robert Redford, Angie Dickinson, Robert Duvall

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Le dernier film d'Elia Kazan, qui est bien sûr loin de ses chefs-d’œuvre, mais qui ne mérite pas le torrent de critiques dont il est souvent affublé. Cette adaptation de Fitzgerald vaut bien celle de "Gatsby le magnifique" dirigée par Jack Clayton. On reconnaît à travers Robert De Niro la figure d’Irving Thalberg, jeune prodige de la MGM fauché en pleine gloire alors qu’il avait sauvé le studio de la faillite.

De Niro envahit l’écran, et il nous offre, encore dans sa phase ascendante, une remarquable prestation. On le voit se brûler au travail et se faire des ennemis à force de décisions autoritaires délivrées sans explication et le plus souvent de façon humiliante. Quand il sera devenu plus humain à cause d’une histoire d’amour qui lui échappe, il sera bien sûr lâché par ses collaborateurs, trop contents de le voir descendre de son piédestal.

On reconnaît avec plaisir toute une brochette de stars, qui contribuent à donner un parfum d’authenticité à ce tableau sans pitié du Hollywood des grands studios. À noter la prestation remarquable de Tony Curtis en séducteur de l’écran sur le déclin, qui vient se confier à son producteur sur ses problèmes d’impuissance. Il ne faut surtout pas oublier la présence de la toujours ravissante Theresa Russell.

Une réussite mineure.