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"L'or noir de l'Oklahoma"

titre original "Oklahoma Crude"
année de production 1973
réalisation Stanley Kramer
scénario Marc Norman
photographie Robert Surtees
musique Henry Mancini
interprétation George C. Scott, Faye Dunaway, John Mills, Jack Palance

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

En 1973, George C. Scott est au summum de sa riche carrière, qui demeure néanmoins encore trop méconnue en Europe. Il vient tout juste de recevoir l'Oscar du meilleur acteur pour sa prestation hallucinante dans l'excellent "Patton" et de produire deux de ses meilleures prestations sous la direction de Richard Fleischer ("Les complices de la dernière chance" et surtout "Les flics ne dorment pas la nuit"). De son côté, Faye Dunaway est l'actrice qui monte après avoir éclaté au grand jour dans "Bonnie and Clyde" (1967) et avoir tenu la dragée haute à Steve McQueen dans "L'affaire Thomas Crown" (1968). Quant à Stanley Kramer, qui avait commencé sa carrière dans le cinéma comme producteur à succès, il s'est définitivement reconverti à la réalisation depuis 1963. "L'or noir de l'Oklahoma" semble donc l'occasion pour la Columbia d'une commande pour le moins excitante grâce à la réunion de trois forts tempéraments.

Le film nous transporte en Oklahoma au début du XXe siècle alors que la ruée vers l'or noir bat son plein. Lena Doyle est une aventurière qui a décidé d'exploiter à son propre compte une concession enserrée dans la multitude de puits déjà rentabilisés par les grandes compagnies pétrolières, dont la plus puissante d'entre elles a envoyé, en la personne du menaçant Jack Palance, un émissaire chargé de convaincre la jeune femme de renoncer à ses rêves d'indépendance et de fortune. Inutile de chercher une quelconque vraisemblance dans le déroulé de l'intrigue, c'est surtout la passe d'armes tout à la fois tendre et musclée entre Faye Dunaway et George C. Scott, jouant le vagabond venu en renfort de Lena, qui intéresse Stanley Kramer et la Columbia.

Si l'on est pas trop regardant sur le rythme assez lent imprimé par le scénario de Marc Norman, on peut prendre un réel plaisir à voir Faye Dunaway, au sommet de sa beauté, malmener à l'aide de dialogues fleuris un George C. Scott renfrogné, dont il s'est dit qu'il aurait pris son rôle très au sérieux. Jack Palance incarnant un homme de main aussi brutal que cauteleux est, comme toujours, parfait, tout comme John Mills, acteur méconnu particulièrement touchant dans le rôle du père repentant de la belle Lena.

Un gentil rafraichissement sans conséquence magnifiquement mis en image par le grand chef-opérateur américain Robert Surtees.