Menu Fermer

"Jeu d'enfant"

À ne pas mettre entre toutes les mains !

titre original "Child's play"
année de production 1988
réalisation Tom Holland
interprétation Brad Dourif
épisodes suivants • "Chucky, la poupée de sang", John Lafia, 1990
• "Chucky 3", Jack Bender, 1991
• "La fiancée de Chucky", Ronny Yu, 1998
• "Le fils de Chucky", Don Mancini, 2004
• "La malédiction de Chucky", Don Mancini, 2013
• "Le retour de Chucky", Don Mancini, 2017

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

"Jeu d'enfant" est le segment initial de la saga Chucky, qui comporte trente plus tard sept épisodes dont l'intérêt est malheureusement allé en déclinant, comme souvent dans ce genre d'entreprise où l'on finit toujours par tirer trop sur la corde. Mais Tom Holland, le réalisateur, et ses deux complices à l'écriture, Don Mancini et John Lafia, ont magnifiquement joué leur coup pour ce "Jeu d'enfant" terrifiant.

La prise d'autonomie par une poupée a souvent été utilisée pour créer un sentiment d'angoisse d'autant plus efficace qu'il a trait à l'enfance. C'est par le biais du ventriloque que le phénomène a tout d'abord été exploité. Dans "Le mannequin du ventriloque" d'Alberto Cavalcanti tout d'abord, tiré du célèbre "Au cœur de la nuit", film à sketches anglais de 1945 qui fait depuis longtemps référence dans le domaine de l'épouvante, puis dans "Magic" (1978) de Richard Attenborough, où Anthony Hopkins devenait le jouet de sa marionnette.

Les auteurs innovent avec cette poupée dans laquelle prend place un dangereux criminel (Brad Dourif) qui a détourné un rituel vaudou pour échapper à la mort. Pas n'importe quelle poupée, celle qui est dans tous les magasins de jouets à l'approche de Noël. Reste à savoir lequel d'entre tous les Américains va avoir la mauvaise idée d'offrir la poupée hantée à son mioche. On pense bien sûr au fameux "Gremlins" de Joe Dante sorti quatre ans plus tôt, dont Tom Holland et son chef opérateur Bill Butler reprennent fort à propos l'imagerie.

Le ver dans le fruit représenté par une jeune mère célibataire (Catherine Hicks) et son fils (Alex Vincent), la poupée qui ne se prénomme pas encore Chucky va commencer à faire son office. C'est-à-dire terrifier tout le monde et tuer tout azimut, le bernard l'hermite qui l'habite devant rapidement trouver un autre corps à investir avant de se voir réellement transformé en poupée. Tom Holland joue avec maestria de l'incrédulité des adultes qui ne veulent pas croire que le bout de celluloïd souriant qu'ils tiennent à bout de bras peut se transformer en monstre.

Les effets spéciaux, encore mécaniques, compliquent les prise de vues et obligent à beaucoup d'imagination tout en limitant les plans larges. C'est malgré tout une aubaine, car une poupée numérique aurait sans aucun doute été moins crédible pour le spectateur.

Rien ne manque donc à ce film séminal qu'il convient de placer juste en dessous d'autres premiers épisodes de sagas horrifiques célèbres comme "Halloween" de John Carpenter (1978) ou "Les griffes de la nuit" de Wes Craven (1984). À voir et à revoir.